13 raisons contre les OGM

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De bonnes raisons contre la technique de manipulation génétique agricole

Le mouvement Demeter international dans lequel se regroupent des agriculteurs qui travaillent selon la méthode bio-dynamique, des transformateurs, des grossistes ainsi que des consommateurs, refuse l’utilisation d’organismes manipulés génétiquement dans l’agriculture et est à la recherche d’alternatives. Il a de bonnes raisons pour cela.

La technique de manipulation génétique agricole est employée contre la volonté de l’opinion publique
Au sein de l’Union Européenne, on ne pose même pas la question centrale qui est de savoir si les citoyens veulent  la technique de manipulation génétique. Cette décision essentielle qui touche concrètement chacun d’entre nous est prise de manière non démocratique. Plus de 70 % de la population refuse la technique de manipulation génétique agricole. La préférence des consommateurs en Europe va vers une agriculture respectant les lois de la nature, reposant sur des points de vue éthiques pour le traitement des animaux et des plantes. L’agriculture européenne produisant déjà à l’heure actuelle des excédents coûteux, il n’est pas raisonnable du point de vue économique d’augmenter la production par la technique de manipulation génétique.

La technique de manipulation génétique agricole n’est pas la panacée  pour l’espace économique Européen.
On peut se demander si l’introduction des biotechnologies industrielles – au départ conçues comme une mesure de rationalisation – va vraiment créer des emplois supplémentaires dans l’agriculture et dans le secteur de l’alimentation. La technique de manipulation génétique agricole favorise des structures industrielles uniformes, qui ont tendance à menacer les entreprises de production, transformation et commercialisation de taille moyenne. Ainsi on risque de perdre plus d’emplois qu’on n’en gagnera avec l’industrie de manipulation génétique. Par contre, une Europe des régions dépend d’une consolidation des structures économiques sur place, qui permettra de faire face aux conséquences de la mondialisation.

La technique de manipulation génétique agricole ne résout pas le problème du tiers monde
L’affirmation qu’à l’aide de la bio-technologie industrielle on pourrait résoudre le problème de la faim dans les pays du tiers monde n’a pas de base fondée. Depuis presque deux décennies, elle ne repose que sur des espoirs. Le problème de la faim dans le tiers monde est avant tout un problème de répartition et de trop faible pouvoir d’achat. On aiderait plus les pays du tiers monde en promouvant leur production locale de manière durable. Pour cela, les variétés régionales, écologiquement adaptées, sont intéressantes car elles peuvent être reproduites sans payer de brevets et demandent peu d’investissements, comparées a des semences coûteuses issues de la technique de manipulation génétique. En effet ces semences doivent être rachetées chaque année et exigent un apport onéreux d’engrais minéral et de produits phytosanitaires pour réaliser leur potentiel de production.
En tant que mouvement actif au niveau mondial, nous savons que, pour les structures agricoles majoritairement de petite taille dans le tiers-monde, c’est particulièrement l’agriculture biologique qui permet de garantir durablement  l’existence économique ainsi que l’approvisionnement en produits alimentaires. Ici des variétés à bas investissement (low-input) sont préférables à des variétés exigeant des investissements élevés  (high-input).

Le brevetage des plantes et des animaux n’est pas justifiable du point de vue éthique
La production des semences OGM est liée à des droits de brevet. D’un point de vue éthique, les plantes cultivées sont par contre un héritage culturel de l’humanité qui doit être accessible à tous. On ne peut pas tolérer que des entreprises semencières, comme c’était par exemple le cas en Inde, acquièrent un brevet exclusif sur le riz basmati ce qui signifie que les paysans doivent payer une licence pour semer les variétés de riz basmati qu’ils utilisent depuis des siècles bien que ce soit leurs ancêtres qui ont créé cette plante par sa culture et sa sélection.

L’agriculture biologique est menacée existentiellement
la coexistence n’est pas possible
Les personnes travaillant en bio-dynamie sont extrêmement soucieuses de la menace existentielle que fait peser une coexistence imposée avec l’agriculture OGM sur cette méthode de production qui a fait ses preuves depuis plus de 80 ans et travaille en respect de la nature. Comme le montre des études, il est à supposer que les semences fermières seront contaminées par des croisements extérieurs avec des semences OGM, croisements liés à un effet multiplicateur. Les distances de sécurité proposées ne suffisent pas. De plus, les abeilles ne respectent pas les routes de vol déterminées par l’homme, et il est inévitable que le pollen des plantes en fleur soit répandu par le vent sur de longues distances (nombreux kilomètres). Une fois la substance héréditaire modifiée génétiquement lâchée dans la nature, il n’y a plus ni retour, ni contrôle possibles.

La base de décision de l’UE pour la coexistence projetée est trop simpliste  
La commission européenne a réduit une question relevant de points de vue éthique, socio- politique, sanitaire et écologique à ses aspects purement économiques.
Il n’est pas possible de débattre des avantages et inconvénients d’une nouvelle technologie et du choix d’un emplacement économique  de manière isolée car les conséquences des choix devront être portées par la société toute entière.
La division d’une telle décision entre des comités techniques sans reprise de tous ses éléments partiels en une vue globale ne répond ni à ces exigences ni aux caractéristiques complexes de la nature. L’estimation du risque social et écologique dans sa forme actuelle reste incomplète et tendancieuse.

Il manque des recherches de longue durée concernant l’influence de la technique de manipulation génétique agricole sur la santé et l’environnement
Il est alarmant qu’il n’existe pas de résultats scientifiques issus d’études de longue durée prouvant l’innocuité de la production et de l’alimentation en OGM sur l’environnement et la santé. Comme dans la recherche agricole sur les rotations de cultures, il faut au moins 10 ans pour obtenir des résultats fiables de même des recherches concernant les conséquences de la production OGM sur le système écologique et sur l’homme doivent être conduites sur une longue durée. On ne sait pas encore si la consommation de plantes manipulées génétiquement présente un danger direct pour la santé de l’être humain. Des indices montrent une influence sur le métabolisme. Des cellules du foie se transforment chez les souris nourries au soja OGM ; la flore intestinale des abeilles est également influencée par le butinage de colza OGM. Si l’on part de l’hypothèse que l’alimentation n’a pas pour seul but de nous rassasier par les substances mais qu’elle exerce aussi une influence sur la condition humaine et le développement spirituel, il faut alors mettre en question les plantes manipulées génétiquement en tant qu’aliment. Ainsi il est prouvé que la manipulation génétique change, involontairement la morphologie de la plante, par exemple les feuilles chez la pomme de terre. Cela a-t-il une influence sur l’homme qui la mange?

La technique de manipulation génétique agricole signifie une diminution de la biodiversité des variétés et dans l’agriculture
La culture d’OGM conduit, de par la nature même du système, à l’uniformisation génétique provoquant ainsi une érosion génétique et une perte de biodiversité avec une monotonie à large échelle dans l’agriculture.
L’agriculture biologique cherche a conserver et promouvoir la diversité génétique des espèces et des variétés et ainsi la richesse des paysages cultivés. La sélection bio-dynamique des plantes produit depuis des décennies des variétés adaptées à la région, s’engage pour la maintenance «on-farm» des variétés en offrant une alternative sensée à l’uniformité génétique des variétés OGM.

Les variétés issues de laboratoires perdent leur relation à la nature
Contrairement à la technique de manipulation génétique, les sélectionneurs bio-dynamistes intègrent dans leur travail l’interaction de la plante avec l’environnement et l’effet de l’influence des rythmes. De ce point de vue, il faut demander si des semences OGM produites exclusivement en laboratoires peuvent établir une interaction positive avec leur environnement, dans la mesure où leur création a été réalisée isolément  des conditions naturelles de l’environnement.

 
La technique de manipulation génétique agricole influence négativement la faune et les insectes utiles
La culture d’OGM peut avoir des conséquences négatives pour l’environnement. Ainsi, selon l’Institut National de Nanjing de sciences de l’environnement en Chine, il y a nettement moins d’insectes utiles sur les champs de coton OGM Bollgard de Monsanto alors que le nombre d’autres nuisibles a augmenté. Des scientifiques britanniques ont pu prouver dans la plus grande étude réalisée jusqu’à aujourd’hui sur les influences des OGM sur l’environnement, que la faune (entre autres oiseaux et papillons) était plus gravement endommagée par la production d’OGM (sur deux des trois cultures examinées : colza, betterave sucrières et mais) que par la production conventionnelle. De nombreuses autres études prouvent également des effets néfastes sur la nature.

L’agriculture biologique est un enrichissement innovant et culturel du paysage. Qu’en est-il de la manipulation génétique? 
Jusqu’à maintenant, la technique de manipulation génétique s’est attribué l’image d’ « innovante ». Elle prétend être capable de modifier des caractéristiques des êtres vivants permettant ainsi de gagner du temps dans la sélection des variétés. Cependant, les biologistes de l’évolution savent que le transfert génétique horizontal entre des variétés, qui est provoqué artificiellement dans la technique de manipulation génétique, ne se passe naturellement qu’au niveau des bactéries.
Les formes de vie supérieures ont établi des barrières d’espèces et elles ont développé la reproduction sexuelle qui rend possible une plus grande différenciation de la vie. Le transfert horizontal est donc un retour à un niveau d’évolution inférieur. « L’agriculture biologique est innovante » ; aujourd’hui des gens comme Cees Veermann, ministre de l’agriculture des Pays Bas, sont au courant de ce fait. Une agriculture moderne se caractérise par plus de diversité et de culture ainsi que par une plus grande participation aux décisions. C’est la vraie performance culturelle de l’agriculture. A l’inverse, la technique de manipulation génétique signifie, malgré tous ses raffinements biotechnologiques, un appauvrissement culturel.

L’industrie de la manipulation génétique n’est pas transparente pour le citoyen. L’agriculture biologique, si. 
Pour son besoin de sécurité, l’homme demande à comprendre son environnement. La production d’aliments biologiques est par exemple une des branches la mieux contrôlée du monde entier. Toutes les étapes du processus, tous les additifs etc. sont réglementés dans de nombreux pays ou bien ils sont codifiés par la FAO et transparents pour le public. Les fermes biologiques sont ouvertes aux consommateurs. Les laboratoires d’OGM  sont en général tabous pour le public. Les opérations à l’intérieur de la cellule sont fermées à l’oeil du public. Les produits OGM créés de cette façon sont présentés au public d’une manière ciblée avec des images et déclarations qui éveillent une fausse impression. Cela ne crée pas la confiance surtout parce que les conséquences des OGM ne sont pas claires pour les consommateurs.

L’agriculture bio-dynamique est une alternative efficace à la technique de manipulation génétique
L’agriculture bio-dynamique représente une bonne alternative expérimentée à la technique de manipulation génétique. L’entreprise agricole avec large autonomie de production est aussi un modèle pour l’agriculture biologique en général. Les fermes bio-dynamiques réalisent une adaptation optimale des ressources et une mise en valeur du terroir, notamment par une performance culturelle individuelle. La technique de manipulation génétique pousse en avant l’industrialisation de la production agricole, elle est la cause de la poursuite du morcellement technologique dans les entreprises. Le succès de l’agriculture bio-dynamique se manifeste, entre autres, par une qualité élevée des produits avec une fertilité du sol et une biodiversité accrues. Cela a été prouvé par un essai comparatif de longue durée (20 ans). Ce modèle de l’agriculture bio-dynamique est accessible à chacun par la formation.  Contrairement à la technique de manipulation génétique agricole, il ne dépend pas de l’achat de moyens de production ou de paiement pour des brevets.

Association Demeter International

 

1. Voir Biodynamis
2. FIBL n°1

 

Fin mars 2005, 750 chercheurs ont adressé une lettre ouverte aux gouvernements de tous les pays afin de les preser de rejeter les cultures modifiées génétiquement en raison de leur dangerosité. Ils présentent un argumentaire en 29 points.
Voir
www.i-sis-org.uk/list.php (site en anglais)

 


Bibliographie disponible au Mouvement de Culture Bio-Dynamique :

•  Génétique et réalité de C. Holdredge, éditions EAR
•  OGM, sécurié, santé de Guy Kastler et Lilian Ceballos, éditions Nature & Progrès
•  Quelle éthique pour la sélection des plantes cultivées, éditions Mouvement de Culture Bio-Dynamique

 

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