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De bonnes raisons contre la technique de manipulation génétique agricole
Le mouvement Demeter international dans lequel se regroupent des agriculteurs
qui travaillent selon la méthode bio-dynamique, des transformateurs, des
grossistes ainsi que des consommateurs, refuse l’utilisation d’organismes
manipulés génétiquement dans l’agriculture et est à la recherche d’alternatives.
Il a de bonnes raisons pour cela.
La technique
de manipulation génétique agricole est employée contre la volonté de l’opinion
publique
Au sein de l’Union Européenne, on ne pose même pas la question centrale qui est
de savoir si les citoyens veulent la technique de manipulation génétique. Cette
décision essentielle qui touche concrètement chacun d’entre nous est prise de
manière non démocratique. Plus de 70 % de la population refuse la technique de
manipulation génétique agricole. La préférence des consommateurs en Europe va
vers une agriculture respectant les lois de la nature, reposant sur des points
de vue éthiques pour le traitement des animaux et des plantes. L’agriculture
européenne produisant déjà à l’heure actuelle des excédents coûteux, il n’est
pas raisonnable du point de vue économique d’augmenter la production par la
technique de manipulation génétique.
La technique
de manipulation génétique agricole n’est pas la panacée pour l’espace
économique Européen.
On peut se demander si l’introduction des biotechnologies industrielles – au
départ conçues comme une mesure de rationalisation – va vraiment créer des
emplois supplémentaires dans l’agriculture et dans le secteur de l’alimentation.
La technique de manipulation génétique agricole favorise des structures
industrielles uniformes, qui ont tendance à menacer les entreprises de
production, transformation et commercialisation de taille moyenne. Ainsi on
risque de perdre plus d’emplois qu’on n’en gagnera avec l’industrie de
manipulation génétique. Par contre, une Europe des régions dépend d’une
consolidation des structures économiques sur place, qui permettra de faire face
aux conséquences de la mondialisation.
La technique
de manipulation génétique agricole ne résout pas le problème du tiers monde
L’affirmation qu’à l’aide de la bio-technologie industrielle on pourrait
résoudre le problème de la faim dans les pays du tiers monde n’a pas de base
fondée. Depuis presque deux décennies, elle ne repose que sur des espoirs. Le
problème de la faim dans le tiers monde est avant tout un problème de
répartition et de trop faible pouvoir d’achat. On aiderait plus les pays du
tiers monde en promouvant leur production locale de manière durable. Pour cela,
les variétés régionales, écologiquement adaptées, sont intéressantes car elles
peuvent être reproduites sans payer de brevets et demandent peu
d’investissements, comparées a des semences coûteuses issues de la technique de
manipulation génétique. En effet ces semences doivent être rachetées chaque
année et exigent un apport onéreux d’engrais minéral et de produits
phytosanitaires pour réaliser leur potentiel de production.
En tant que mouvement actif au niveau mondial, nous savons que, pour les
structures agricoles majoritairement de petite taille dans le tiers-monde, c’est
particulièrement l’agriculture biologique qui permet de garantir durablement
l’existence économique ainsi que l’approvisionnement en produits alimentaires.
Ici des variétés à bas investissement (low-input) sont préférables à des
variétés exigeant des investissements élevés (high-input).
Le brevetage
des plantes et des animaux n’est pas justifiable du point de vue éthique
La production des semences OGM est liée à des droits de brevet. D’un
point de vue éthique, les plantes cultivées sont par contre un héritage culturel
de l’humanité qui doit être accessible à tous. On ne peut pas tolérer que des
entreprises semencières, comme c’était par exemple le cas en Inde, acquièrent un
brevet exclusif sur le riz basmati ce qui signifie que les paysans doivent payer
une licence pour semer les variétés de riz basmati qu’ils utilisent depuis des
siècles bien que ce soit leurs ancêtres qui ont créé cette plante par sa culture
et sa sélection.
L’agriculture biologique est menacée existentiellement
la coexistence n’est pas possible
Les personnes travaillant en bio-dynamie sont extrêmement soucieuses de la
menace existentielle que fait peser une coexistence imposée avec l’agriculture
OGM sur cette méthode de production qui a fait ses preuves depuis plus de 80 ans
et travaille en respect de la nature. Comme le montre des études, il est à
supposer que les semences fermières seront contaminées par des croisements
extérieurs avec des semences OGM, croisements liés à un effet multiplicateur.
Les distances de sécurité proposées ne suffisent pas. De plus, les abeilles ne
respectent pas les routes de vol déterminées par l’homme, et il est inévitable
que le pollen des plantes en fleur soit répandu par le vent sur de longues
distances (nombreux kilomètres). Une fois la substance héréditaire modifiée
génétiquement lâchée dans la nature, il n’y a plus ni retour, ni contrôle
possibles.
La base de
décision de l’UE pour la coexistence projetée est trop simpliste
La commission européenne a réduit une question relevant de points de vue
éthique, socio- politique, sanitaire et écologique à ses aspects purement
économiques.
Il n’est pas possible de débattre des avantages et inconvénients d’une nouvelle
technologie et du choix d’un emplacement économique de manière isolée car les
conséquences des choix devront être portées par la société toute entière.
La division d’une telle décision entre des comités techniques sans reprise de
tous ses éléments partiels en une vue globale ne répond ni à ces exigences ni
aux caractéristiques complexes de la nature. L’estimation du risque social et
écologique dans sa forme actuelle reste incomplète et tendancieuse.
Il manque des
recherches de longue durée concernant l’influence de la technique de
manipulation génétique agricole sur la santé et l’environnement
Il est alarmant qu’il n’existe pas de résultats scientifiques issus d’études de
longue durée prouvant l’innocuité de la production et de l’alimentation en OGM
sur l’environnement et la santé. Comme dans la recherche agricole sur les
rotations de cultures, il faut au moins 10 ans pour obtenir des résultats
fiables de même des recherches concernant les conséquences de la production OGM
sur le système écologique et sur l’homme doivent être conduites sur une longue
durée. On ne sait pas encore si la consommation de plantes manipulées
génétiquement présente un danger direct pour la santé de l’être humain. Des
indices montrent une influence sur le métabolisme. Des cellules du foie se
transforment chez les souris nourries au soja OGM ; la flore intestinale des
abeilles est également influencée par le butinage de colza OGM. Si l’on part de
l’hypothèse que l’alimentation n’a pas pour seul but de nous rassasier par les
substances mais qu’elle exerce aussi une influence sur la condition humaine et
le développement spirituel, il faut alors mettre en question les plantes
manipulées génétiquement en tant qu’aliment. Ainsi il est prouvé que la
manipulation génétique change, involontairement la morphologie de la plante, par
exemple les feuilles chez la pomme de terre. Cela a-t-il une influence sur
l’homme qui la mange?
La technique
de manipulation génétique agricole signifie une diminution de la biodiversité
des variétés et dans l’agriculture
La culture d’OGM conduit, de par la nature même du système, à l’uniformisation
génétique provoquant ainsi une érosion génétique et une perte de biodiversité
avec une monotonie à large échelle dans l’agriculture.
L’agriculture biologique cherche a conserver et promouvoir la diversité
génétique des espèces et des variétés et ainsi la richesse des paysages
cultivés. La sélection bio-dynamique des plantes produit depuis des décennies
des variétés adaptées à la région, s’engage pour la maintenance «on-farm» des
variétés en offrant une alternative sensée à l’uniformité génétique des variétés
OGM.
Les variétés
issues de laboratoires perdent leur relation à la nature
Contrairement à la technique de manipulation génétique, les
sélectionneurs bio-dynamistes intègrent dans leur travail l’interaction de la
plante avec l’environnement et l’effet de l’influence des rythmes. De ce point
de vue, il faut demander si des semences OGM produites exclusivement en
laboratoires peuvent établir une interaction positive avec leur environnement,
dans la mesure où leur création a été réalisée isolément des conditions
naturelles de l’environnement.
La technique
de manipulation génétique agricole influence négativement la faune et les
insectes utiles
La culture d’OGM peut avoir des conséquences négatives pour l’environnement.
Ainsi, selon l’Institut National de Nanjing de sciences de l’environnement en
Chine, il y a nettement moins d’insectes utiles sur les champs de coton OGM
Bollgard de Monsanto alors que le nombre d’autres nuisibles a augmenté. Des
scientifiques britanniques ont pu prouver dans la plus grande étude réalisée
jusqu’à aujourd’hui sur les influences des OGM sur l’environnement, que la faune
(entre autres oiseaux et papillons) était plus gravement endommagée par la
production d’OGM (sur deux des trois cultures examinées : colza, betterave
sucrières et mais) que par la production conventionnelle. De nombreuses autres
études prouvent également des effets néfastes sur la nature.
L’agriculture
biologique est un enrichissement innovant et culturel du paysage. Qu’en est-il
de la manipulation génétique?
Jusqu’à maintenant, la technique de manipulation génétique s’est attribué
l’image d’ « innovante ». Elle prétend être capable de modifier des
caractéristiques des êtres vivants permettant ainsi de gagner du temps dans la
sélection des variétés. Cependant, les biologistes de l’évolution savent que le
transfert génétique horizontal entre des variétés, qui est provoqué
artificiellement dans la technique de manipulation génétique, ne se passe
naturellement qu’au niveau des bactéries.
Les formes de vie supérieures ont établi des barrières d’espèces et elles ont
développé la reproduction sexuelle qui rend possible une plus grande
différenciation de la vie. Le transfert horizontal est donc un retour à un
niveau d’évolution inférieur. « L’agriculture biologique est innovante » ;
aujourd’hui des gens comme Cees Veermann, ministre de l’agriculture des Pays
Bas, sont au courant de ce fait. Une agriculture moderne se caractérise par plus
de diversité et de culture ainsi que par une plus grande participation aux
décisions. C’est la vraie performance culturelle de l’agriculture. A l’inverse,
la technique de manipulation génétique signifie, malgré tous ses raffinements
biotechnologiques, un appauvrissement culturel.
L’industrie
de la manipulation génétique n’est pas transparente pour le citoyen.
L’agriculture biologique, si.
Pour son besoin de sécurité, l’homme demande à comprendre son environnement. La
production d’aliments biologiques est par exemple une des branches la mieux
contrôlée du monde entier. Toutes les étapes du processus, tous les additifs
etc. sont réglementés dans de nombreux pays ou bien ils sont codifiés par la FAO
et transparents pour le public. Les fermes biologiques sont ouvertes aux
consommateurs. Les laboratoires d’OGM sont en général tabous pour le public.
Les opérations à l’intérieur de la cellule sont fermées à l’oeil du public. Les
produits OGM créés de cette façon sont présentés au public d’une manière ciblée
avec des images et déclarations qui éveillent une fausse impression. Cela ne
crée pas la confiance surtout parce que les conséquences des OGM ne sont pas
claires pour les consommateurs.
L’agriculture bio-dynamique est une alternative efficace à la technique de
manipulation génétique
L’agriculture bio-dynamique représente une bonne alternative expérimentée à la
technique de manipulation génétique. L’entreprise agricole avec large autonomie
de production est aussi un modèle pour l’agriculture biologique en général. Les
fermes bio-dynamiques réalisent une adaptation optimale des ressources et une
mise en valeur du terroir, notamment par une performance culturelle
individuelle. La technique de manipulation génétique pousse en avant
l’industrialisation de la production agricole, elle est la cause de la poursuite
du morcellement technologique dans les entreprises. Le succès de l’agriculture
bio-dynamique se manifeste, entre autres, par une qualité élevée des produits
avec une fertilité du sol et une biodiversité accrues. Cela a été prouvé par un
essai comparatif de longue durée (20 ans). Ce modèle de l’agriculture
bio-dynamique est accessible à chacun par la formation. Contrairement à la
technique de manipulation génétique agricole, il ne dépend pas de l’achat de
moyens de production ou de paiement pour des brevets.
Association
Demeter International
1. Voir
Biodynamis
2. FIBL n°1
Fin
mars 2005, 750 chercheurs ont adressé une lettre ouverte aux gouvernements de
tous les pays afin de les preser de rejeter les cultures modifiées génétiquement
en raison de leur dangerosité. Ils présentent un argumentaire en 29 points.
Voir
www.i-sis-org.uk/list.php (site en anglais)
Bibliographie disponible au Mouvement de Culture Bio-Dynamique :
• Génétique et
réalité de C. Holdredge, éditions EAR
• OGM,
sécurié, santé de Guy Kastler et Lilian Ceballos, éditions Nature & Progrès
•
Quelle
éthique pour la sélection des plantes cultivées, éditions Mouvement de Culture
Bio-Dynamique
Contact :
Maison de l'Agriculture Bio-Dynamique
5, Place de
la Gare
68000 COLMAR
Tél. :
03.89.24.36.41
Fax : 03.89.24.27.41
www.bio-dynamie.org
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