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Biodynamis Printemps 2008

Restaurer une relation individuelle à
l’agriculture
Ces derniers mois, l'agriculture qui était devenue un secteur considéré comme
arriéré, voire inutile, par une partie de la population occidentale «urbanisée»,
revient dans la conscience de chacun. Plusieurs causes à cela.
Premièrement l'augmentation des prix des produits agricoles due à une année
difficile dans plusieurs grandes régions agricoles et à la concurrence
croissante des «agricarburants» (nommés à tort biocarburants) qui prend de
l'importance vue la flambée des cours du pétrole. À ces causes s'ajoute le
marché asiatique dont la demande en céréales et produits laitiers s'accroît très
rapidement. Il faut préciser que l'augmentation des prix du lait entre autres
n'est que justice car ce produit précieux était sous-payé depuis de nombreuses
années
Deuxièmement les multiples problèmes posés par l'agriculture conventionnelle
(pollutions - en particulier l'emploi des pesticides, les OGM, la
désertification du territoire rural, etc.) deviennent de plus en plus patents.
Le Grenelle de l'environnement de l'automne passé a au moins eu le mérite de
mettre ces thèmes à la une des médias. Ainsi une partie croissante de la
population prend conscience de l'urgence d'une agriculture écologique. Pour
fournir des arguments dans ce sens, nous publions un article sur le projet BERAS
qui, au-delà de l'intérêt de la bio pour la suppression de l'emploi des
pesticides, montre sa contribution potentielle à limiter les rejets de CO2 et à
limiter les dépenses énergétiques.
Troisièmement, de plus en plus nombreux sont ceux qui s'aperçoivent que nous
avons besoin de la nature pour vivre (nous en faisons partie) et que le travail
agricole quand il reste proche de la nature offre de nombreuses possibilités
pour compenser les multiples déséquilibres engendrés par la vie moderne dans un
monde toujours plus virtuel. Ainsi nous débutons dans ce numéro de Biodynamis
une série d'articles sur les possibilités sociales offertes par l'agriculture
bio et bio-dynamique. Les articles sur le jardin et la vie de la nature (les
papillons) vous aideront à bien suivre le renouveau printanier dans la nature.
C'est dans ce contexte d'intérêt renouvelé pour l'agriculture que l'agriculture
bio-dynamique poursuit son chemin. Peu à peu, une certaine reconnaissance se
fait jour et certains groupes de la société civile, en particulier dans le monde
de la bio, s'intéressent aux apports spécifiques de la bio-dynamie concernant
les questions éthiques et les méthodes respectueuses du vivant…
Ceci peut nous inciter à approfondir les questions suivantes : d'où venons-nous
avec cette forme d'agriculture ? À partir de quelles impulsions voulons-nous
agir ? Quels sont les fondements spirituels de notre travail ?
Ainsi suite au succès du congrès international de bio-dynamie de 2008 (voir
compte-rendu) sur le thème «agriculture et spiritualité», le Cercle
international des représentants de la Section d'Agriculture de l'Université
libre du Goetheanum propose de poursuivre cette démarche de réflexion sur les
fondements de la bio-dynamie avec le thème suivant : le Cours aux agriculteurs
(1), fondements spirituels pour l'agriculture bio-dynamique, motif de
développement et source d'avenir.
Le cycle de conférences nommé Cours aux agriculteurs qui a donné naissance à la
bio-dynamie peut paraître tout à fait surprenant à la première lecture. Pourtant
celui qui prend la peine de le lire et de recréer intérieurement les images
décrites, en faisant revivre ce qui est décrit au lieu de le prendre comme
simple information, découvrira là une source de richesses inépuisables apportant
un regard neuf sur la nature, incitant à sortir des sentiers battus pour adopter
d'autres points de vue. Un exemple : R. Steiner incite régulièrement sur la
nécessité de développer une relation individuelle avec les éléments de la
nature, et en particulier la fumure Cela n'est pas courant. Essayons de
considérer notre compost comme un être vivant avec qui développer une relation
individuelle. Pas évident à une époque où on considère le fumier au mieux comme
un bon engrais organique, au pire comme un déchet encombrant et polluant !
Il ne s'agit pas de cultiver un retour aux sources pour se figer sur le passé,
parce qu'on n’aurait peut-être pas suffisamment de substance aujourd'hui, non il
s'agit d'approfondir ces fondements spirituels de l'agriculture dynamique qui
recèlent encore beaucoup d'énigmes.
Les questions suivantes peuvent servir à approfondir la réflexion durant l'année
:
Quelle est la composition d'ensemble du Cours aux agriculteurs ? Quels motifs
traversent le cours ? Quel geste quelles impulsions de travail peut-on y trouver
? Qu'est-ce qui fait partie des arrière-plans du Cours aux agriculteurs ?
Comment puis-je trouver une nouvelle une relation toujours renouvelée à ses
contenus ?
Nous proposons à tous ceux qui le souhaitent étudier cet ouvrage en groupe de
rejoindre les associations régionales de bio-dynamie ou d'organiser eux-mêmes un
groupe de travail sur le sujet.
Bonne lecture de Biodynamis et bonne (re)découverte du Cours aux agriculteurs.
Jean-Michel Florin
1) Steiner Rudolf, Cours aux agriculteurs. Ed. Novalis

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