Article : la Terre et son cosmos

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Article : la Terre et son cosmos

 

Qu’est-ce que le Cosmos ?
Disons tout de suite que ce n’est pas ce que nous voyons autour de nous : étoiles, montagnes, arbres, vaches etc. Tout cela est déjà un résultat de l’interaction entre la Terre et le Cosmos. Les vraies réalités du cosmos sont cachées derrière toutes ces choses.
Jadis les hommes voyaient vivre ce cosmos. De ces époques lointaines  ne nous sont  restées que des images : constellations zodiacales, mythologies…Les anciens Grecs encore pouvaient voir ce monde des dieux .
La science actuelle nous apprend que les astres sont constitués de diverses substances. Dans une telle conception, le cosmos n’est finalement qu’un simple élargissement de notre terre, puisqu’il est constitué des mêmes matériaux qu’elle, à cette différence près qu’ils se présentent dans des densités différentes. Et la terre n’est elle-même qu’un simple caillou, un grain de poussière dans l’espace…
Quant aux  individus que nous sommes, la Terre est bien notre seule réalité. Les astres ne représentent pour nous rien d’autre que des points lumineux. ‘Cosmos’ est pour nous un terme vide de sens, de vie, d’Esprit. Nous nous servons bien de calendriers lunaires, mais nous ne ressentons aucune parenté, aucune relation personnelle avec ces mouvements planétaires. Pour Rudolf Steiner, ce qui est essentiel c’est la perception que nous avons des choses, car dans cette perception même se reflète à la fois quelque chose de terrestre et quelque chose de cosmique (voir la 2ème conférence du cours aux agriculteurs : l’essentiel est de savoir, en toutes choses, faire la distinction entre ce qui est terrestre et ce qui est cosmique, dans ce que nous percevons). Le ciel étoilé qui nous apparaît la nuit présente cette double réalité, de même que le soleil que nous voyons le jour, et qui engendre toute vie sur terre. Et il en va ainsi pour toute chose.
Nous ne parlerons ici que du soleil, car tout compte fait le cours aux agriculteurs est un cours sur le soleil – plus qu’un cours sur la lune. 

Le soleil

1) Le soleil dans ses rapports avec la Nature

· Un soleil quadruple

On peut considérer le soleil comme une pompe aspirante, à l’instar de ce qu’est le cœur pour le sang, car il aspire en soi tous les effets émanant de son environnement planétaire. Et pour la terre il constitue de plus un grand réflecteur cosmique. C’est un soleil quadruple, car on peut distinguer en lui :

•  Le 1er soleil : c’est celui qui englobe tout.

•  Le 2ème soleil : c’est la partie du soleil constituée par son environnement planétaire proche,  à savoir Mercure, Vénus et la Lune (les planètes qu’on dit aussi ‘intérieures’ – d’un point de vue géocentrique - car situées entre la terre et le soleil). Tout cet environnement confère au soleil une seconde qualité.

•  Le 3ème soleil : lui aussi est contenu dans le 1er soleil. Il est constitué des planètes dites ‘extérieures’ - toujours du point de vue géocentrique – que sont Mars, Jupiter et Saturne. Ce sont ces planètes qui donnent au soleil sa troisième qualité.

•  Le 4ème soleil : il est en rapport, lui, avec ce que nous appelons les étoiles fixes et notamment le zodiaque. Elles aussi sont ‘aspirées’ par le soleil, lui conférant ainsi une quatrième qualité. (cf. R. Steiner qui parle d’un "soleil-taureau", d’un ‘soleil-lion’ etc.).

L’ensemble de ces quatre soleils est contenu dans chaque rayon solaire.
 

    · Comment se révèle à nous ce quadruple soleil ?

Il faut préciser tout d’abord que la lumière du soleil n’est pas visible. Elle ne se révèle à nous que parce qu’elle rencontre la Terre. Dans l’espace, elle est effectivement totalement invisible, sauf lorsqu’elle rencontre un corps (lune ou planètes, par exemple) et qu’elle est reflétée par ce corps. Bref, pour que le soleil soit perceptible, il lui faut la Terre… Mais ce que nous percevons de la lumière, ce n’est pas la lumière elle-même, mais seulement un de ses effets. C’est ce qui se manifeste à travers le spectre des couleurs.
Un autre effet du soleil qu’il nous est possible de percevoir, c’est celui de la chaleur. Mais voilà bien les deux seules choses, qu’avec nos sens, nous percevons du Cosmos : la lumière et la chaleur. Et la lumière se révèle, en formes et en couleurs, seulement lorsqu’elle rencontre la Terre.

En réalité, derrière les couleurs et les formes, se trouve bien autre chose, de nature suprasensible.

•  L’éther de lumière : il est, comme on vient de le voir, invisible.

•  L’éther de chaleur : il ne se réduit pas à la température (C°), il est bien plus que cela…

•  L’éther chimique, encore appelé éther de son.

•  L’éther de vie

Ce sont là les quatre courants spirituels qui nous parviennent du soleil. Ils forment tout un monde invisible, et qui est contenu dans chaque rayon de soleil. Mais seule une toute petite partie de ce monde se révèle à nos sens, par la chaleur, la forme, les couleurs.
 

2) le soleil dans ses rapports avec le monde végétal

La pierre déjà, à travers ses caractéristiques de forme, de couleur et de chaleur, nous révèle certaines propriétés du cosmos. Ces mêmes caractéristiques sont présentes chez la plante. Elles sont l’expression des éthers de lumière et de chaleur.
Mais la plante possède autre chose encore, qui vient du soleil, mais disparaît ensuite dans ses feuilles… pour faire apparaître la vie ! Car dans la plante, le soleil fait apparaître cet élément nouveau qu’est la vie. Et cela n’est possible que parce que les éthers chimique et de vie y sont actifs. L’ensemble des quatre éthers se manifeste donc dans la plante par le fait, d’une part, qu’elle soit visible et d’autre part qu’elle pousse.

Mais il s’y manifeste aussi l’action des quatre soleils :
C’est le 2ème soleil qui fait pousser la plante. Ce qui est seulement forme dans la pierre, en restant à sa surface, disparaît à l’intérieur de la plante pour y faire apparaître la vie. Vouloir pousser les plantes à la croissance revient donc à solliciter surtout le 2ème soleil. Mais la plante ne continue pas de grandir…Pourquoi ?
C’est le 3ème soleil qui stoppe la croissance des plantes et leur permet de se différencier, de bas en haut, dans la forme des feuilles, ou dans la coloration des fleurs. Ce 3ème soleil introduit donc autre chose encore dans la croissance : la capacité de métamorphose. Mais comme pour la pierre, que le soleil ne fait qu’effleurer en surface sans y pénétrer, ce 3ème soleil ne fait qu’effleurer la plante (alors que les 1er et 2ème soleils pénètrent à l’intérieur d’elle). Il s’y exprime cependant par les manifestations de couleur, d’odeur, d’arôme et de goût, ainsi que par le fait qu’elle devienne un organisme.
Le 4ème soleil (soleil spirituel) est lui aussi présent dans chaque rayon solaire. C’est lui qui se manifeste dans le fait que la plante pousse verticalement, tant vers le haut - dans sa partie aérienne - que vers le bas, dans sa racine. On l’appelle le soleil macroscopique car il est présent, aussi bien dans le centre de la Terre, que dans les lointains du Cosmos. C’est lui aussi qui permet le miracle de la germination : à savoir que, d’un même point, l’hypocotyle, jaillissent deux germes, l’un vers le haut, en direction du cosmos, l’autre vers le bas, en direction du centre de la Terre.

La plante est donc bien la manifestation de l’ensemble du macrocosme qui englobe le centre de la Terre et les lointains du Cosmos.

 

3) Le soleil dans ses rapports avec le monde animal

Comme dans le règne végétal, les quatre soleils se manifestent également dans le monde animal, mais ils y pénètrent davantage. Il en résulte ce qui distingue essentiellement l’animal de la plante et du minéral, à savoir que l’animal possède une vie intérieure qui est une manifestation d’âme.
Le 3ème soleil, dont nous avons vu qu’il ne faisait qu’effleurer la plante, pénètre à l’intérieur de l’animal en tant qu’âme. Autrement dit, l’animal a incorporé en lui ce qui ne touche la plante que de l’extérieur : l’élément astral. Mais il ne peut vivre que s’il se nourrit de ce qui est constitué du 1er et du 2ème soleil… à savoir le monde végétal.
Quant au 4ème soleil, il ne touche l’animal, comme la plante, que de l’extérieur. 1er et 4ème soleil ensemble, qui se manifestent dans la plante par la verticalité, se traduisent chez l’animal par l’organisme troupeau (Herdenorganismus). C’est quelque chose de très important que cette entité que constitue le troupeau. Et c’est bien ce que nous cherchons à créer en bio-dynamie : un organisme fait d’individus parents par la sang - et non rassemblés simplement par le hasard des acquisitions -. M. Klett compare cela à la ruche ou à la fourmilière où des milliers d’individus vivent en étroite relation avec leur peuple. C’est cet élément qui constitue la force supérieure la plus haute pouvant toucher les animaux.

Et tout cela vit dans un rayon de soleil…

 

4) Le soleil dans ses rapports avec l’Homme

L’Homme a également en lui tout ce qui se manifeste déjà dans les autres règnes : le 1er soleil – c’est sa forme extérieure -, le 2ème soleil – c’est le fait qu’il puisse vivre, se nourrir et assimiler le règne végétal -, les 1er et 3ème soleils qui imprègnent son âme et forment son corps astral, lequel est parent avec celui de l’animal. Mais si l’homme n’avait que cela, il ne serait qu’un être naturel, un animal en somme.
Ce qui le distingue des autres règnes, c’est le fait que chez lui le 4ème soleil est incarné, partiellement il est vrai, mais tout de même : c’est le Moi humain.

L’être humain porte donc en lui tout le Cosmos. Il est lui-même un microcosme. 

Dans les anciens temps, lorsque les hommes regardaient autour d’eux, ils voyaient tout cela : les liens, l’interpénétration, la communauté avec le Cosmos . Les hommes modernes ont perdu la faculté de voir ces choses là. Ils en sont devenus très pauvres et très solitaires…
Jadis les hommes n’avaient pas la conscience de leur Moi, mais possédaient une immense sagesse. Maintenant ils sont monstrueusement intelligents et conscients d’eux, mais zéro sur le plan de la sagesse…
Heureusement qu’en tant que microcosme, l’Homme a tout de même d’autres yeux que les yeux de sa technologie, même très avancée, qui, telle la sonde Titan, ne voient que la poussière…

 

La Terre
Donc le soleil, les planètes, les étoiles, et tout ce que nous pouvons observer autour de nous, tout cela ne constitue qu’une apparence, ne fait que manifester l’activité des quatre éthers.
La Terre est l’autre pôle de ce monde d’apparences. Car en elle agissent les forces qui sont en polarité avec les forces cosmiques. Nous croyons la connaître parce que nous la foulons. Nous prétendons la comprendre parce que nous avons disséqué l’atome avec ses électrons, ses protons etc.… Nous jonglons avec des technologies génétiques et ainsi de suite. A aucun moment pourtant, nous ne savons avec quoi nous travaillons .
Tout le savoir que nous avons dans la tête est un savoir mort. Nous pouvons l’utiliser, bien sûr, l’appliquer dans notre travail ; mais plus nous faisons cela, plus nous détruisons tout !
La mort et la maladie ont un lien étroit avec les forces terrestres. Elles sont en exacte polarité avec les forces éthériques. Elles n’existent que sur la Terre …

Les forces telluriques
Il existe des forces purement terrestres. Elles sont en polarité avec les forces éthériques, les forces cosmiques .
Ainsi, l’éther de lumière qui se manifeste dans les formes et les couleurs, a son pendant terrestre : c’est l’électricité.  L’électricité est l’éther de lumière coagulé (geronnenes Lichtäther). Mais à l’inverse de la lumière, l’électricité n’est pas soumise au rythme. Bien sûr, on peut saisir mathématiquement sa courbe ; ses manifestations aussi peuvent être saisies, comme des lois naturelles ; on peut donc l’utiliser en technologie. Mais c’est une force destructrice !
L’éther de chaleur a aussi son correspondant terrestre :c’est le magnétisme.
Et le plus caché de tous, l’éther de vie, a son pôle terrestre dans l’énergie nucléaire, une force d’une puissance colossale, mais qui détruit tout...

Les états de la Terre
Mais la Terre ne se réduit pas à des forces. Elle est autre chose encore. Et ce qui nous intéresse ici, c’est la vraie terre, c’est-à-dire la terre dans les différents états où elle peut nous apparaître. Ce sont ces quatre états terrestres : solide, liquide, gazeux et calorique (correspondant respectivement aux éthers de vie, de son, de lumière et de chaleur) dont se servent en fait les quatre éthers cosmiques pour créer la vie.
Nous n’examinerons ici que l’état solide, car c’est celui avec lequel nous travaillons quotidiennement. Ce qui le caractérise avant tout, c’est qu’il se présente comme une forme dans l’espace, et que cette forme est remplie de substance. C’est donc quelque chose qui peut être mesuré, pesé, dénombré – ce qui n’est pas possible avec le cosmique – Mesure, poids et nombre sont bien les caractéristiques de ce qui est terrestre. Alors que ces concepts sont inapplicables au domaine cosmique.

Cet état solide comprend quatre éléments :

· L’humus

Il provient de tout ce qui, après la mort de la plante, était devenu forme et substance en elle (hormis la graine, qui est un porteur de vie). L’humus est donc bien une substance terrestre, mais une substance qui a été métamorphosée (2), transformée en un état supérieur de la matière terrestre.
A noter que l’humus se trouve naturellement en surface, donc à la limite exacte entre Terre et Cosmos. Le soleil tombe donc directement dessus et l’éclaire.  Et c’est bien l’humus qui est le pendant du 1er soleil sur la Terre, la  « terre dans la terre »  comme l’appelle R. Steiner ou, comme dit M. Klett, "die allgemein lebendige Erde", expression difficile à traduire et pour laquelle je risquerais ‘la terre vivante universelle’ (3).
Car son rôle est de permettre à la plante cosmique de s’incarner en une plante terrestre. Mais pour cela d’autres éléments sont nécessaires, notamment le calcaire.

· Le calcaire

Par calcaire il faut comprendre aussi d’autres substances qui lui sont assimilées, telles la potasse, le sodium, le magnésium…C’est une substance qui attire tout à elle, l’eau et l’azote notamment. Elle a une affinité très marquée avec le 2ème soleil et avec tout ce qui est assimilé par la plante, lui permettant de se développer. Le calcaire attire à lui toutes les forces actives au-dessus de la terre : air, lumière, humidité et chaleur. Le 2ème soleil - celui qui agit dans la photosynthèse - devient ainsi, grâce au calcaire, accessible également par la racine. Ici, l’effet cosmique passe par la terre et agit d’en bas.

C’est le calcaire qui organise tout l’édifice de la plante.

· La silice

Elle est en polarité avec le calcaire. A la différence du calcaire, qui est tout avidité, la silice est  « ce Monsieur distingué qui ne désire rien pour lui-même », selon l’expression de R. Steiner.
Elle est en rapport avec le 3ème soleil qu’elle renvoie, qu’elle reflète. Elle n’attire donc pas les forces lointaines de Mars, de Jupiter et de Saturne, mais elle les reflète, les renvoie, à partir de la terre.

· L’argile

C’est peut-être la substance terrestre la plus mystérieuse. Elle est en relation aussi bien avec la silice qu’avec le calcaire et l’humus. En fait, elle sert de médiateur à ces derniers, afin que les forces du 2ème et du 3ème soleil circulent dans la plante de bas en haut.
Car l’action cosmique s’exerce de deux manières : directement au-dessus du sol – c’est ce qui permet à la vie d’apparaître extérieurement dans une forme – et indirectement, à partir du bas, en provenance de l’intérieur de la Terre.
L’argile est l’une des composantes du fameux complexe argilo-humique, qui est bien plus qu’un lien chimique, déjà un lien vivant. Entre elle et la racine il n’y a en effet plus vraiment de séparation. C’est quelque chose que l’on peut comparer avec l’unité que forme l’abeille avec son peuple, l’essaim (Bieneneinheit).
Elle est donc en relation avec tout le terrestre, comme l’est le soleil avec tout le cosmique…Pour M. Klett, c’est l’argile qui concrétise le mieux l’idée de R. Steiner selon laquelle  « le sol est l’enfant du soleil »
On voit donc bien la position centrale de la plante, entre la Terre et le Cosmos. Elle nous montre l’image d’un Cosmos qui agit directement au-dessus de la terre, en relation avec l’humidité, la chaleur et la lumière, et un Cosmos qui agit indirectement d’en bas. C’est d’ailleurs dans un tel contexte qu’apparaît toute la Nature…

 

Ce que le Cosmos apporte à la Terre

Cela se caractérise surtout par trois choses :

•  La vie : c’est ce quadruple soleil qui génère toute vie sur la Terre.

•  Le rythme : L’action du cosmos sur la terre se manifeste partout par le rythme . Les rythmes cosmiques eux-mêmes sont la manifestation de cette action (souvenons-nous que c’est justement l’arythmie qui caractérise la mort et les forces terrestres).

•  La santé : Elle est en rapport direct avec le 1er soleil. Souvenons-nous aussi de ce qu’a dit R. Steiner de la plante à ce sujet : il est impossible que la plante puisse être malade, car elle est l’expression même de ce soleil. Ce que nous appelons improprement ‘maladies’ des plantes résulte simplement du fait que ce soleil n’arrive pas à s’exprimer pleinement.

Au sujet de la maladie encore, - vaste domaine que M. Klett n’a pas eu le temps de développer - il signale simplement le fait, bien connu en élevage, que l’animal peut être guéri par son alimentation, plus précisément une alimentation telle qu’elle est produite par la ferme dans sa biodiversité, une alimentation constituée de ce qu’il appelle des « sonnengesunde Pflanzen », c’est-à-dire des végétaux possédant la ‘santé solaire’, la plénitude des forces solaires.
Hormis les cas d’alimentation inadaptée, l’animal tombe aussi malade lorsque son âme est en détresse…
Quant à la maladie chez l’homme, sujet sur lequel il pensait pouvoir donner quelques indications, une fois explicité le rôle que joue la Terre par rapport au Cosmos, le temps a malheureusement manqué…Il est vrai que ce thème constituerait à lui seul le sujet de toute une conférence…

 

Les différentes formes d’agriculture dans leur relation avec le Cosmos

La forme conventionnelle
On pourrait aussi la qualifier d’industrielle. C’est celle qui ne considère que le plan purement matériel.
Elle travaille avec les forces de l’infrasensible, qui ressortissent de la sous-nature. A titre d’exemple, les échanges auxquels donne lieu l’administration d’azote, quand celui-ci se dissout dans l’eau, sont uniquement le fait des différences de potentiel électrique qui sont ainsi crées. Ils ne constituent en rien des échanges vivants, mais des échanges qui sont seulement régis pas les forces sous-naturelles et les lois de la matière. Quant à l’effet qu’ils produisent sur la plante, on se reportera avec intérêt à la conférence de M. Klett citée en (2) et (3)
Les manipulations génétiques et autres techniques d’hybridation vont dans la même direction…

L’agriculture biologique
Elle prend en compte la sphère terrestre et tout ce qui accompagne les phénomènes de la nature. On pourrait dire pour schématiser qu’elle tente d’imiter la Nature .
C’est une démarche de type écologique. Elle va dans le bon sens, dans la mesure où elle tend à faire prendre conscience du fait que la Nature est ordonnancée avec sagesse.
Elle est nécessaire, et on ne fera jamais assez sur ce plan.
 

L’agriculture bio-dynamique
Mais l’agriculture bio-dynamique considère un ensemble encore plus vaste, en y incluant le cosmos invisible. Elle comprend qu’il existe une relation solidaire entre le Cosmos tout entier et la Terre, et tente de ramener ces deux pôles à l’harmonie.
Ainsi, les indications que nous donne l’anthroposophie visent justement à développer une sorte de "technologie" pour réunir ces deux pôles que sont la Terre et le Cosmos, mais une technologie du vivant, et non une technologie de ce qui est mort.

C’est là que réside la signification et l’intérêt des préparations :
•  La bouse de corne, qui renforce plus particulièrement les forces cosmiques qui sont dans la terre, et qui ouvre la plante à l’action du 3ème soleil ;
•  La silice de corne, qui elle, agit au-dessus de la Terre, et qui favorise l’action des forces du 2ème soleil.

Avec les préparations nous avons ainsi une véritable ‘technologie solaire’ à notre disposition. Car elles permettent justement de relier le Cosmos et la Terre. Substances terrestres, elles sont en même temps porteuses des forces cosmiques. De ce fait, elles exercent leur action en douceur, une action lente, non violente, qui agit dans la durée – et on sait que le temps guérit – à l’opposé de la brutalité avec laquelle la fission de l’atome de plutonium, par exemple, libère les siennes…
Éléments organisateurs, elles ont un effet structurant, et reconstructeur-guérissant (gesundend aufbauend).
Voilà l’enjeu réel que se fixe l’agriculture bio-dynamique : relier à nouveau la Terre avec le Cosmos. En sachant que ce cosmos n’est pas à rechercher au-dehors, mais qu’il manifeste bel et bien ses effets dans la plante, et son essence à l’intérieur de l’homme lui-même.

C’est la raison pour laquelle la ferme bio-dynamique doit être regardée comme une individualité qui continue à progresser dans le temps (in der Zeit fortschreitende Individualität)

***

Quand on sait que la lumière du soleil cache en réalité tout un monde d’entités spirituelles, que ce qui vit dans les différents éthers, ce sont des Êtres spirituels, on a compris du même coup que le monde qui apparaît à nos sens ne peut être qu’un reflet de tout cela.
Mais quand on sait que nous portons en nous-mêmes tout ce Cosmos, qu’en chaque être humain se trouvent le germe et la force pour explorer et connaître ce cosmos, on a compris aussi que pour connaître le Cosmos il faut et il suffit d’apprendre à se connaître soi-même…
Notre grande aide sur ce chemin, c’est l’anthroposophie. Ce n’est pas une philosophie, pas une conception du monde, pas non plus un article de foi, c’est-à-dire quelque chose qu’on pourrait croire ou ne pas croire.
Nous pouvons y pénétrer avec notre intelligence morte. Nos pensées mortes et bornées peuvent alors s’élargir et se vivifier à nouveau. Alors nous trouverons aussi, en nous, la capacité et la force de mieux vivre notre vie d’Hommes, non seulement en tant qu’agriculteurs, mais dans tous les domaines de notre existence.

de Mariette  ONTENIENTE
(Association  de bio-dynamie d’Alsace-Lorraine)
D’après la conférence de M. Manfred KLETT (1)  à Rouffach le 7 février 2005,
à l’occasion de l’assemblée régionale d’Alsace.

 

Notes :
1. Manfred KLETT est agronome. Il a œuvré de nombreuses années sur le domaine du Dottenfelderhof et dirigé pendant 14 ans la section agricole du Goetheanum
2.
Voir la conférence "le compost et les préparations bio-dynamiques" faite par M.  Klett le 12.01.05 à Bennwihr, à paraître dans BIODYNAMIS 
3.
cf. la notion de "graine universelle" – même conférence -

 

 

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Défense et promotion des agriculteurs en bio-dynamie
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