Conseils mensuels en biodynamie dans les cultures et au jardin

Le Soleil atteint son apogée au solstice d’été, le 21 juin. Traditionnellement, de nombreuses plantes médicinales se récoltent autour de cette date, les fameuses « plantes de la Saint-Jean » : le millepertuis pour la plus connue, mais aussi l’achillée millefeuille, la menthe poivrée, la verveine officinale, l’armoise ou encore le bouillon blanc… Depuis des siècles, les hommes considèrent ainsi le solstice d’été comme le moment où les plantes concentrent le plus de vitalité dans leur partie aérienne et notamment dans leur fleur.

JUIN 2024 : la biodynamie, les rythmes lunaires et l’agriculture.

Maria Thun, biodynamiste à l’origine des Calendriers lunaires pour l’agriculture et le jardinage, présente cette idée de regain de vitalité sous forme d’une certaine respiration de l’organisme Terre. Celui-ci expire durant la phase ascendante du Soleil et inspire durant sa phase descendante.
On peut aussi dire que, dans notre hémisphère, la vitalité de la Terre s’extériorise et passe progressivement du sol à la surface à partir du solstice d’hiver et jusqu’au solstice d’été. Le déploiement de cette force au dessus du sol s’exprime dans l’impressionnante croissance que la végétation connait jusqu’à la fin du printemps. Le mythe antique de Perséphone, fille de Déméter, illustre d’ailleurs cette même perception.
Profitons donc du regain d’énergie que nous offre ce moment de l’année pour assumer tous les travaux que nous demande l’agriculture en ce moment, sans laisser de côté les pratiques biodynamiques.

Indications générales

Le Calendrier Biodynamique nous indique un début de mois notablement perturbé par une succession d’évènements astronomiques défavorables. C’est d’abord le nœud et le périgée lunaire qui se combinent. Puis une occultation, celle de Vénus le 4, précède le nœud de cette même planète. Et pour finir, Mercure forme également un nœud. Du 2 au 9 juin, seuls le 3, le matin du 4 et le 7 ne sont pas considérés comme défavorables dans le Calendrier biodynamique ! Heureusement, le reste du mois est bien plus classique.  
Côté météo, le temps perturbé et plutôt frais pourrait se prolonger jusqu’au 18. Le temps estival ne devrait réellement s’installer qu’à partir de cette date.

Pour une grande majorité des productions, le mois de juin propose des moments optimaux pour la pulvérisation de la silice de corne. Lorsque les plantes sont en pleine croissance, elle stimulera leur « processus de différenciation ». L’épaisseur des parois cellulaires et de la cuticule augmente, les plantes sont moins sensibles aux maladies et gèrent mieux l’eau. Elles seront ainsi plus résistantes aux maladies cryptogamiques et au stress hydrique, si juillet est sec. La pulvérisation de silice de corne est également très bénéfique sur les plantes ou les arbres portant déjà des fruits. La maturation, la qualité alimentaire et la capacité de conservation de ceux-ci s’en trouveront renforcé. 

En cas d’orage de grêle, il est très conseillé de pulvériser la préparation biodynamique de valériane. Elle peut alors être accompagnée de calendula ou d’arnica sous forme de teinture mère ou de tisane de fleur, ou encore de consoude, plante cicatrisante par excellence. Pour cette usage curatif et « déstressant », on mélange quelques gouttes de préparation de valériane à de l’eau ou de la tisane diluée (1 volume de tisane de calendula, arnica ou consoude pour 9 volumes d’eau), puis on dynamise pendant 20 min. avant pulvérisation.

Le risque de déclaration de maladies cryptogamiques sera sans doute important en début de mois, avec l’humidité, la relative chaleur et toutes les perturbations astronomiques citées dans le premier paragraphe.

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Pour l’élevage

La pulvérisation de la préparation silice de corne sur les prairies avant la fauche ou lors de la repousse de l’herbe est incontournable. Elle assurera une meilleure qualité alimentaire et influencera favorablement la santé du troupeau.
Une fauche lorsque la Lune se trouve devant une constellation de lumière renforcera encore la qualité du fourrage.
En juin 2024, les « périodes-fleur » se rencontrent les après-midi du 7 et du 19 ainsi que les 18 et 26. La météo risquant d’être relativement humide jusqu’à la fin de la troisième semaine du mois, on peut aussi réaliser la fauche en fin de période-terre afin d’optimiser les chances d’avoir de belles éclaircies et moins d’humidité dans l’air lors des deux jours-fleur qui suivent.

Pour obtenir un fourrage énergétique, pauvre en fibres et riche en sucres, on récoltera un foin jeune et peu structuré. La fauche pourra se faire en lune descendante et si possible croissante, avant épiaison des graminées. La lune est à la fois descendante et croissante du 8 au 21 juin. Les 18 et le matin du 19 sont sans doute les meilleures dates.

Pour obtenir un foin plus diététique et salivogène, on récoltera un foin plus tardif et structuré, riche en fibres, mais plus pauvre en sucres et en azote. La fauche pourra se faire en lune montante et si possible décroissante. La lune est à la fois montante et décroissante  du 1er au 6 juin puis du 22 au 30. Le 26 elle se trouve de plus devant la constellation d’air du Verseau (période-fleur).

Pour la vigne et les arbres fruitiers

La pulvérisation de silice de corne sur les vignes juste avant ou juste après la floraison est très conseillée pour renforcer la résistance de la plante aux maladies cryptogamiques.

Sur les fruitiers elle est indispensable pour accompagner une maturation optimale des fruits et renforcer leur qualité alimentaire et de conservation.

Pour contenir les maladies cryptogamiques sans doute très présents en ce mois de juin, l’utilisation de traitements au cuivre est indispensable mais l’adjonction de tisanes de plantes permet de réduire les doses employées. La tisane d’ortie peut s’ajouter quelles que soient les conditions car elle régule la croissance et stimule « l’immunité » des plantes. Au mois de juin, la décoction de prêle est souvent moins utilisée car elle présente un certain effet de dessèchement, mais si la météo reste humide, son potentiel pour renforcer la structuration des feuilles nouvellement formées reste très intéressant. La tisane d’écorce d’osier ou de reine des prés est un bon éliciteur, la plante répond plus vite et plus fort aux agressions des cryptogames. La décoction d’écorce de bourdaine donne aussi de bons résultats pour contenir la propagation du mildiou. De même, l’extrait de pépin de pamplemousse est un très bon assainissant.

Pour le maraîchage et le jardin-potager

La pulvérisation de silice de corne accompagne à merveille cette période de grand développement végétatif des plantes (voir les indications générales).
Si l’humidité du mois de juin se confirme, vous pouvez tenter de réguler les gastéropodes par une incinération ou un purin de limace/escargot, particulièrement du 9 juin à 17 h au 11 juin à 10 h. La pulvérisation foliaire de décoction de prêle, de tisane d’ortie, de saule ou de reine des prés renforcera les cultures face aux maladies cryptogamiques.

Pour le semis de légumes-racine, privilégier la position du Soleil en Taureau (constellation de Terre), jusqu’au 19 juin et les périodes-racine évidemment (voir le Calendrier biodynamique).

Pour les grandes cultures

Pour les cultures de printemps en pleine croissance comme pour les céréales d’hiver en épiaison, la silice de corne est très favorable. Dans le premier cas surtout pour renforcer la culture vis-à-vis des maladies, dans le second pour assurer une bonne qualité alimentaire du grain.  Les matins en période-fruit du 12 au 14 juin ou du 22 et 23 sont sans doute les meilleures dates du point de vue « cosmique », mais les conditions agronomiques (stade de la plante, portance du sol, météo…) doivent toujours être le premier guide de nos actions. Rappelons qu’il ne faut jamais utiliser la silice de corne sur des plantes en stress, hydrique ou autre.

Pour des indications mensuelles plus précises, l’idéal est de se procurer le Calendrier biodynamique.