La biodynamie : une approche sensible du vivant et de la nature

Au cours des 5 derniers siècles, en marge du courant dominant de la science matérialiste, des penseurs se sont attachés à l’étude du vivant selon une approche non réductionniste. L’un des grands noms de cette mouvance est Goethe. Il développa une méthode d’observation phénoménologique fine et différenciée, qui est le socle de l’approche biodynamique.

Observer le vivant en élargissant notre champ de vision

La biodynamie nous invite à élargir notre regard pour considérer La Terre comme un organisme vivant doté d’une nature physique, vivante, psychique et sensible. Les règnes de la nature (minéral, végétal, animal, humain) représentent les organes de cet organisme, leurs interactions permettant de maintenir le fonctionnement et la santé globale de l’organisme Terre. Cette manière d’appréhender le vivant s’inscrit dans la continuité des travaux de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), célèbre poète allemand, également scientifique et naturaliste dont l’œuvre riche est encore étudiée actuellement. 

Il y a deux siècles, Goethe ouvrit la voie de cette approche élargie de la nature par un regard à la fois personnel, artistique et scientifique sur le monde. Sa méthode, basée sur une observation subtile et intérieure des phénomènes naturels, a ouvert des perspectives toujours fécondes sur les relations entre l’être humain et la nature. Observer le vivant pour le comprendre et pour agir en respectant sa nature profonde, tel aura été un des leitmotivs de Goethe tout au long de sa vie.

Esquisse de Goethe

Comment étudier le vivant, l’influence de Goethe 

Il est important d’étudier le vivant dans toutes ses manifestations, tant qualitatives que quantitatives. L’approche quantitative passe principalement par l’utilisation d’instruments de mesure (poids, nombre, fréquence…) et exclut l’être humain de l’observation. Les approches qualitatives ou sensibles, quant à elles, mettent l’être humain au cœur de l’acte d’observation, et travaillent à affiner méthodiquement ses perceptions sensorielles et sensibles afin de les rendre objectives.

Goethe avait la conviction que, par l’intermédiaire de son corps, l’être humain fait l’expérience de la réalité sensible. Il nous incite à faire totale confiance à nos sens dans la mesure où ils ne sont pas altérés. Il affirme : « L’homme est suffisamment équipé pour tous les vrais besoins terrestres, s’il fait confiance à ses sens et les développe de manière telle qu’ils restent dignes de confiance » (Maximes et Réflexions). Il va même plus loin : « L’homme en lui-même, dans la mesure où il fait usage de ses sens sains, est l’appareil physique le plus grand et le plus exact qui puisse exister… » (Maximes et Réflexions).

“La biodynamie nous incite à nous réapproprier nos sens et notre sensibilité pour nous approcher de la nature et la connaître plus intimement, sans toutefois tomber dans l’anthropocentrisme ni l’anthropomorphisme. Loin de se réduire à l’application de recettes […], la biodynamie propose un chemin de réconciliation avec la nature, une attitude partenariale que nous pouvons cultiver en faisant appel à nos sens et à notre capacité d’empathie.” Jean-Michel Florin, article La biodynamie : une approche sensible de la nature du Hors-série n°23 de la revue Biodynamis.

Pour approfondir le sujet

Nous vous invitons à aller sur la page Approche goethéenne de la Nature.

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Le MABD organise régulièrement des formations sur l’observation goethéenne.
Notamment une version renouvelée de la formation Rencontre avec la nature (anciennement Animateur Nature) qui est construite autour d’un programme de 6 stages fondamentaux (le week-end) répartis sur une année.
Elle a pour spécificité de mettre en œuvre une méthode basée sur l’approche goethéenne du monde du vivant grâce à l’étude des règnes de la nature (végétal, animal, minéral et humain).