Le MABD ouvre une formation professionnelle de deux ans en agriculture biodynamique, en alternance sur les fermes du réseau. Douze à quinze places, première promotion en février 2027, candidatures ouvertes. Sept rendez-vous en visio sont proposés à partir du 11 septembre pour la découvrir.
Les générations partent sans toujours être remplacées. Le climat se dérègle, saison après saison. Les sols s’épuisent là où on produit notre alimentation. Derrière ces trois constats, il y a le quotidien de celles et ceux qui nous nourrissent.
Les réponses ne viendront pas d’ailleurs. Elles se construiront sur des fermes, par des gens qui auront appris à observer et à décider par eux-mêmes. Les sols, les haies, les troupeaux, les fermes qui tiendront dans trente ans : ce sera leur travail, et il commence maintenant.
C’est à eux que s’adresse la nouvelle formation du MABD. Deux ans, en alternance, pour apprendre le métier là où il se fait.
Trois semaines ensemble, neuf semaines chez son tuteur
Le parcours avance par cycles de douze semaines. Trois semaines de regroupement collectif sur une ferme partenaire : interventions, exercices d’observation, chantiers, analyses techniques et économiques. Puis neuf semaines en ferme d’accueil, à travailler et à vivre au rythme des agricultrices et des agriculteurs qui reçoivent.
Le vivant s’apprend en le regardant changer. C’est pour cela que les douze semaines du cycle se passent sur des fermes en activité : les regroupements ont lieu dans une cour de ferme, jamais dans une salle de cours.
Entre chaque regroupement, un accompagnement individuel suit chacun dans la construction de son projet. Et la promotion, douze à quinze personnes, traverse les deux ans ensemble. Cette dimension collective est au cœur de la pédagogie.
Pour qui
La formation s’adresse aux 18-40 ans ayant déjà travaillé au moins trois mois sur une ferme. Ce n’est pas une découverte du métier : on arrive en sachant à quoi ressemble une journée de travail.
Il n’est pas nécessaire d’avoir un projet déjà défini. Beaucoup arrivent avec l’envie de s’installer sans savoir encore si ce sera en maraîchage, en élevage ou en polyculture ; les deux ans servent aussi à trancher cela. Il faut en revanche avoir choisi l’agriculture.
Deux points à connaître avant de candidater. La formation est professionnelle et qualifiante, le MABD est certifié Qualiopi, mais elle ne délivre pas de diplôme d’État : selon le projet, elle peut se suivre en parallèle d’un BPREA à distance. Et elle ne se suit pas de chez soi : ni les regroupements ni les fermes d’accueil ne sont forcément près de chez vous.
Ce que ça coûte, et qui paie quoi
Une année de formation coûte 9 000 €. Le participant en paie 1 000 €. L’écart est couvert par les partenaires et les mécènes du MABD, qui considèrent la formation de celles et ceux qui reprendront les fermes comme un investissement.
Concrètement : le MABD a obtenu des accords de principe auprès de fondations et de fonds de dotation. À l’admission, les contacts sont transmis au candidat, qui dépose deux demandes de bourse. Les dossiers restent à sa charge, avec un coup de main du MABD.
Ce sont des accords de principe. Nous n’écrivons pas que le financement est acquis, parce qu’il ne l’est pas tant que les dossiers ne sont pas déposés et acceptés. C’est un point que nous préférons dire avant l’engagement plutôt qu’après.
Pendant les périodes en ferme d’accueil, le stagiaire est logé et nourri. Pendant les regroupements, il est logé et les repas se font en caisse commune. Restent à sa charge les déplacements entre les fermes et les regroupements ; une caisse de solidarité pourra répondre à des besoins.
Où, et avec qui
Les deux premiers lieux de regroupement sont connus.
📍 Chez Bénédicte et Manu Leroy, au domaine Ruppert Leroy, à Essoyes dans l’Aube : quatre hectares de vigne en Champagne, une vingtaine de vaches, une douzaine de brebis, des cochons, un verger et un grand jardin. Ils ont bâti eux-mêmes leur maison et les bâtiments de la ferme. La ferme a été racontée dans Biodynamis n° 132.
📍 Chez Mathis Baumann, à la ferme des Pensées sauvages, à Linthal, à 930 mètres d’altitude dans le massif des Vosges. Une ferme familiale fondée en 1987, un troupeau de vaches vosgiennes, et une chèvrerie qu’il a créée en s’installant. Biodynamis n° 122 lui a consacré un portrait.
La formation est portée par Olivier Clisson, paysan-boulanger à Parthenay-de-Bretagne en Ille-et-Vilaine : dix-huit hectares, cinq hectares de céréales, un troupeau de vaches nantaises, un fournil où il cuit six fois par semaine. Former des adultes n’est pas nouveau pour lui : il est intervenu et a coordonné des BPREA depuis plus de 20 ans dans différents CFPPA de l’Ouest de la France, dont 12 ans le BPREA à orientation biodynamie au CFPPA de Segré. Il est actuellement membre du CA du MABD et représente la France à la fédération internationale de biodynamie BFDI.
Il sera entouré des formateurs du MABD, parmi lesquels René Becker, Gauthier Baudoin, Jean-Michel Florin, Pascal Gilles, Claude Reaud et Lucie Moy, et des agriculteurs tuteurs des fermes d’accueil. Ce sont des gens en activité : ce qu’ils transmettent, ils le pratiquent.
Sept rendez-vous pour savoir si c’est pour vous
Une heure en visio, de 12h à 13h, avec Olivier Clisson et un formateur. On présente la formation, on répond aux questions, et on repart en sachant si c’est pour soi. Pas besoin d’avoir un projet abouti pour venir.
- 📅 vendredi 11 septembre
- 📅 vendredi 25 septembre
- 📅 vendredi 9 octobre
- 📅 vendredi 6 novembre
- 📅 vendredi 20 novembre
- 📅 vendredi 4 décembre
- 📅 vendredi 18 décembre
L’inscription à une date donne accès au lien de connexion et au dossier de candidature, envoyé dans le même message. Assister au webinaire n’est pas obligatoire pour candidater : le dossier arrive que l’on vienne ou non.
👉🏼 Choisir sa date et recevoir le dossier de candidature
Une question avant de se décider ? Olivier Clisson répond lui-même : 06 84 20 97 53.
Et si ce n’est pas pour vous
Cette formation ne concerne qu’une petite partie de nos lecteurs. Mais dans un réseau comme le nôtre, chacun connaît quelqu’un : un stagiaire de passage, un fils ou une fille qui cherche sa voie, un salarié qui songe à s’installer, quelqu’un croisé sur un marché et qui pose beaucoup de questions.
Douze à quinze places, une première promotion. Si le nom de quelqu’un vous est venu en lisant ces lignes, transmettez-lui cette page.