Démarrer en jardinage biodynamique

Démarrer

A son origine, en 1924, la biodynamie fut pensée par Rudolf Steiner pour offrir aux agriculteurs la possibilité de produire des aliments de qualité tout en préservant la fertilité de la terre.

Mais bien vite les grands principes de cette agriculture (l’organisme agricole, l’utilisation des préparations biodynamiques et le travail avec les rythmes cosmiques) se sont adaptés aux plus petites surfaces des jardins familiaux. Aujourd’hui, chacun peut contribuer à soigner la terre en agissant dans son propre jardin.

 

Conseils hebdomadaires de Laurent Dreyfus : jardinez avec les astres

Pulvérisez de la bouse de corne tant que la vie microbienne n’est pas encore en sommeil.

Epandez du compost mûr et incorporez-le au sol le plus rapidement possible.

Pulvérisez du compost de bouse Maria Thun au moment de l’incorporation au sol de la matière organique.

C’est le moment idéal pour ériger le tas de compost en y apportant les résidus de récoltes, des feuilles, et si possible en rajoutant du fumier animal. Une fois tous les matériaux réunis, incorporez les préparations du compost et arrosez avec la valériane dynamisée 20 minutes. Pour terminer, couvrez le tas avec une bâche micro perforée, de la paille ou du foin.

Conseils du 10 au 16 décembre 2018

Des gelées (jusqu’à -3°) ponctuels sont annoncées la semaine prochaine, il faut protéger les cultures sensibles qui sont encore en place. Les poireaux, les choux et les panais ne devraient pas craindre grand chose. Il n’est pas encore utile de mettre les choux et les poireaux en jauge, ils se conserveront mieux en place. Si la terre colle à vos bottes, reportez vos travaux pour éviter de compacter le sol, il n’y a pas d’urgence.

Quelques semis sont possibles sous abri, serre, tunnel ou châssis. C’est le moment de préparer l’hiver : rangements, soins aux arbres fruitiers, entretien du matériel, ponçage et passage des manches d’outils à l’huile de lin, nettoyage des fers pour éviter la rouille…

Le badigeon des troncs et de charpentières est de saison, il nourrit et protège l’arbre : mélangez dans un seau de l’argile, de la bouse de vache, de l’eau, du lithothamne, de la décoction de prèle ou 2 % de silicate de soude. Etalez au pinceau ou à la brosse à tapisser sur le tronc et le début des branches charpentières après avoir brossé les mousses et lichens.

Rassemblez les déchets végétaux, les feuilles mortes, etc. pour monter le tas de compost. Cherchez de la matière organique d’origine animale pour équilibrer le tas en azote et en vie microbienne. Surveillez la présence des campagnols et du ver du poireau.

Influences de la Lune et des planètes sur le jardin

Lundi : – Jour-fruit jusqu’à 15 h, ensuite défavorable (nœud lunaire).

  • Avant 15 h, récoltez les variétés de pommes et de poires tardives.
  • Récoltez les prunelles (elles ont subi le gel et sont moins astringentes), les baies d’argousiers et les églantines.
  • Taillez les arbres à pépins, les groseilliers et les cassissiers en dehors des périodes de gel.
  • Bouturez des rameaux d’actinidia et de groseillier.
  • Plantez des arbres et arbustes fruitiers.
  • Paillez sous les jeunes arbres fruitiers après avoir sarclé et apporté du compost et du basalte.
  • Les jours-fruit sont favorables à toutes les transformations alimentaires, lactofermentation, panification, laiterie, etc.
  • Après 15 h, évitez d’intervenir au jardin.

Mardi : – Jour-racine.

  • Récoltez des carottes, des céleris, des radis, des betteraves rouges, des navets, des scorsonères, pour la consommation courante, cela permet d’éclaircir sur le rang.
  • On peut envisager la mise en silo, ou dans du sable à la cave.
  • Les jours racine sont les plus pertinents pour épandre du compost en l’enfouissant superficiellement dans le sol le plus rapidement possible pour ne pas en perdre sa richesse en substances et en forces.

Mercredi : – Jour-fleur jusqu’à 17 h, ensuite racine.

  • Avant 17 h, repiquez des pâquerettes, des giroflées, des pensées, du silène, des myosotis, de l’achillée millefeuille, de l’euphorbe, du fenouil, de la gaura, de l’hélianthe, de la lavande, du miscanthus, de la nepeta, de la digitale, de l’onagre, etc.
  • Plantez des anémones, des iris, des perce neiges, des narcisses, des tulipes, des crocus et des rosiers.
  • On peut semer des aconit napel et des primevères.
  • Greffez le lierre et le lilas.
  • Taillez les arbres et arbustes d’ornement.
  • Bouturez les rameaux aoûtés de rosiers, weigelia, spirée, buddléia, etc.
  • Aérez le sol et épandez du compost sur les plates-bandes de fleurs et au pied des arbustes ornementaux.
  • Les travaux de transformation alimentaire réussissent particulièrement bien aux dates fleurs, n’hésitez pas à faire du pain, des yaourts, de la pâtisserie et des lactofermentations (chou, navet, betterave rouge, etc.).
  • Après 17 h, comme la veille.

Jeudi : – Jour-fleur.

  • Comme la veille avant 17 h.

Vendredi : – Jour-fleur.

  • Comme mercredi avant 17 h.

Samedi : – Jour-fleur jusqu’à 11 h, ensuite feuille.

  • Avant 11 h, comme mercredi avant 17 h.
  • Après 11 h, semez sous tunnel du cresson alenois, de la claytone de Cuba, du mizuna, de la laitue iceberg et autres salades asiatiques.
  • Récoltez le matin de préférence des salades, des choux (fleurs, milans, Romanesco, pommés, de Bruxelles), de la roquette, du cerfeuil, des épinards, des poireaux et du persil.
  • Forcez les endives.

Dimanche : – Jour-feuille.

  • Comme la veille après 11 h.

Lune : la Lune est montante toute la semaine. La lune montante est conseillée pour les prélèvements de greffons.

Pour le travail du sol (il peut être utile d’aérer le sol sans le retourner dans les terres argileuses), les plantations et l’épandage de compost, etc, préférez la période de lune descendante qui recommencera le 23 décembre.

 

Cette phase est liée au rythme tropique de la Lune (différent du rythme synodique qui est celui de la pleine Lune et de la nouvelle Lune). Les semis sont indifférents au rythme tropique, ce qui implique qu’ils sont possibles en lune montante et descendante. Les conseils ci-dessus sont fournis par le Mouvement de l’Agriculture Biodynamique.

 

FAQ

Quelles différences entre un calendrier lunaire et notre calendrier lunaire et planétaire ?

  • Notre calendrier diffère d’autres calendriers lunaires car il prend en compte l’influence des planètes et pas seulement celle de la Lune dans les constellations du zodiaque. Nous avons donc les influences des trigones, de certaines oppositions, des nœuds planétaires qui viennent modifier la simple influence lunaire.
  • Dans notre calendrier, les apogées lunaires sont indiqués comme des jours-fleur chaque mois.
  • Une différence au niveau des horaires est souvent liée à la façon dont les constellations sont délimitées. Nos calculs se basent sur les indications de R. Steiner et celles des chercheurs ayant repris sa suite au sein de l’Université Libre du Goethéanum.
  • Certaines publications proposent des modifications liées à notre position sur la terre (parallaxe) mais cela ne nous semble pas fondé car les positions des astres ne sont que les « marqueurs » des grands rythmes naturels. C’est plus subtil, le vivant n’est pas directement lié à des phénomènes géométriques, des positions dans l’espace, mais à des rythmes qui sont les mêmes pour l’ensemble de la planète Terre.
  • Pour avoir une vue complète de tous ces phénomènes, Nous vous conseillons l’achat de notre Calendrier des semis biodynamique qui propose une trentaine de pages d’explications sur les principaux rythmes et des conseils pour pratiquer la biodynamie au jardin.

Fuseau horaire Québec : lecture du Calendrier des semis

Pour lire le Calendrier des semis, il suffit d’appliquer le décalage horaire classique. Il faut enlever 6 heures pour le Québec.

Que faire contre la cloque du pêcher ?

  • Comme souvent avec les maladies cryptogamiques, les mesures préventives sont les plus recommandées : la plus efficace sera évidemment de planter des variétés résistantes (Amsden, Angevine de Marmande, Reine des vergers ou des pêchers de vignes).
  • Sur des variétés sensibles, il est très recommandé d’utiliser les badigeons (preicobackt) sur les troncs et les charpentières.
  • Planter de l’ail au pied de arbres ou suspendre un sac contenant des coquilles d’œufs serait également efficace pour atténuer la vigueur de la cloque.
  • Un arbre carencé en minéraux (notamment zinc et bore) sera plus sensible. L’apport de compost et de purin d’ortie au pied des arbres ou la pulvérisation de tisane d’ortie sur les feuilles apportera un complément en oligo-éléments.
  • Les pratiques biodynamiques de base en arboriculture, à savoir l’utilisation de la silice de corne et de la décoction de prêle seront bénéfiques pour l’ensemble des problèmes liés à des champignons.
  • En méthode curative, le silicate de soude, la bouillie sulfo-calcique ou, en dernier recours, la bouillie bordelaise seront très efficaces mais le pêcher est sensible au cuivre en application foliaire.

Choisir le bon moment pour faire des boutures :

Pour les boutures, le mieux est de les réaliser en période de lune descendante (période de plantation, indiquée par une bande verticale brune sur le Calendrier des semis) qui revient chaque mois. Cela assure une meilleure reprise de la bouture. Suivant toujours le principe de base du Calendrier des semis, il faut utiliser les jours-fleur pour bouturer des plantes d’ornements (rosier par exemple), des jours-fruit pour les arbres fruitiers…

Que faire contre le taupin ?

Les taupins sont des coléoptères de la famille des Elatéridés. Ils sont reconnaissables à leurs larves filiformes d’où leur pseudonyme de vers fil de fer ou vers jaunes. Les adultes sont caractérisés par leur saut. Les espèces du genre Agriotes sont très nuisibles.

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Est-ce que toutes les légumineuses peuvent servir d’engrais vert ?

En associant céréales (seigle), légumineuses (trèfle, incarnat et luzerne) et phacélie qui se développe vite et fait une bonne masse verte, on obtient un enracinement puissant qui décompacte le sol (seigle). Les légumineuses apportent de l’azote et la phacélie beaucoup de « carbone ». Tout cela étant très joli !

Comment démarrer des cultures sur une prairie ?

Vous pouvez faire un labour d’automne et une première culture d’engrais vert à cycle court comme la phacélie ou la moutarde.

La pomme de terre et le sarrazin sont bien sûr à conseiller.

Évitez surtout les outils rotatifs comme la fraise qui multiplie les rhizomes tels le chiendent ou le liseron.

Comment éliminer les chardons ?

Pour éliminer les chardons, vous pouvez faire un purin de la plante entière et lorsque la plante est bien décomposée, pulvériser ce purin filtré trois soirs de suite en Lune devant le Cancer.

Connaissez- vous un fournisseur de semence de prêle ?

La prêle ne fait pas de graines mais des spores (comme les fougères) qui ont une durée de vie très limitée et ne peuvent pas être séchées. Donc pas de conservation ni de vente possibles.

Le reproduction asexuée par les rhizomes est beaucoup plus efficace (même dans la nature). Il suffit de replanter un bout de « racine » dans des conditions propices.

Stockage des carottes en tonneau de plastique enterré ?

Le tonneau en plastique a l’avantage de protéger efficacement contre les rongeurs. Si vous n’avez pas de problème de pourrissement qui peut survenir car l’humidité dégagée par les carottes reste stagnante dans le tonneau, je n’y vois pas d’inconvénient. La migration de produits chimiques du plastique vers les carottes, dans ces conditions, ne semble pas poser de problème (rien de comparable par exemple à une éventuelle cuisson au micro-ondes dans un tupperware…).

Le grillage est souvent utilisé, il est également possible de faire un « silo » qui ressemblerait à un tas de compost, en creusant sur 15-20 cm puis en recouvrant de terre le tas de carottes (ou autres légumes-racine).

Stockage des légumes à l’automne

Il faut préparer le silo à légumes : soit on creuse un trou dans le jardin qu’on couvre avec un couvercle étanche, en isolant avec de la paille ou un voile de forçage, soit on enterre un tambour de machine à laver qu’on isole également.

Peut-on mettre les feuilles de thym et de sauge dans le compost ?

Le thym ou la sauge ayant des propriétés antiseptiques assez fortes, il vaut mieux ne pas pas en abuser dans le compost.

Vous pouvez y mettre les restes utilisés en cuisine mais pas la totalité d’un grand pied de sauge mort par exemple.

Quel est le moyen d’enrayer la maladie noire et d’aider les abeilles à surmonter cette épreuve ?

« Souvent ce mal est du à l’alimentation des abeilles avec du miellat. En effet, les abeilles digèrent mal ou pas les miellats. Il n’existe pas de traitement précis… mais la prévention consiste à ne pas hiverner les colonies avec des provisions constituées de miellat et à sélectionner des abeilles résistantes à ce mal. Habituellement au printemps, – on l’appelle aussi Mal de mai -, la guérison de la ruche est spontanée avec l’apparition des fleurs pour la miellée. Il faudra donc penser à ôter les cadres du corps de ruches contenant du miellat avant le nourrissage hivernal. Y ajouter des tisanes de camomille, thym, romarin peut aider la colonie. »

Anne Wanner, apicultrice du projet Biodynapis.

Comment se débarrasser de la mouche du poireau ?

Un voile protecteur et une incinération biodynamique peuvent freiner les attaques de ce parasite. Il semble que les dégâts soient les plus importants les 3 premières années suivant l’arrivée de la mouche du poireau dans un nouveau lieu. Après c’est « un peu moins pire ». Il est également possible de « jouer » avec les dates de semis ou de repiquage, pour que toute la production ne soit pas touchée par les vols de mouches pondeuses qui ne durent que quelques jours.

Comment éviter les attaques de mildiou ?

 

  • Mettez un bouquet de trois quarts d’ortie et un quart de prêle dans de l’eau froide.
  • Menez à ébullition.
  • Laissez cuire 5 min, puis infusez 10 min.
  • Ensuite, complétez avec de l’eau fraîche, deux fois le volume initial pour refroidir.
  • On filtre et on verse dans un pulvérisateur à dos.

Cette préparation simple à élaborer peut être répétée toutes les semaines en cas de risques élevés.

Recette de badigeon :

  • Mélangez à parts égales de la bouse de vache, de l’argile et du petit-lait (si on ne dispose pas de petit-lait, on peut ajouter 1 % de silicate de soude ou une poignée de basalte).
  • Après obtention d’une texture suffisamment fluide, il suffira d’enduire les troncs et les charpentières (au moins la base) à la balayette ou au pinceau après les avoir brossés.

Peut-on épandre le compost sur la terre bêchée superficiellement et sans la retourner ?

Il n’est en général pas nécessaire de réaliser un « vrai » bêchage chaque année.

Il suffit de travailler superficiellement après avoir épandu le compost, cela est amplement suffisant, surtout si la terre est argileuse. Éviter de bêcher une terre humide (qui colle aux bottes).

La pulvérisation du compost de bouse sera très bénéfique, surtout sans utilisation des préparations biodynamiques du compost.

J’attire également votre attention sur les outils de type « grelinette » qui permettent un dé-compactage du sol avec beaucoup moins de travail que le bêchage. C’est aussi beaucoup moins perturbant pour les organismes vivants du sol.

L’extrait d’ortie fermenté (purin) est idéal pour soutenir le développement des plantes.

Un petit rappel de la recette du «purin» d’ortie :

Coupez 1 kilo de feuilles fraîches d’ortie qui n’ont pas encore entamé leur floraison (pour 10 litres d’eau de pluie), remuez quelques minutes régulièrement pendant 5 à 10 jours, selon la température ambiante. L’odeur ne doit pas être désagréable. Dès que les bulles de fermentation disparaissent, filtrez, la préparation est prête à l’emploi ou à la conservation en bidon. Maintenez de l’humidité à vos semis pour favoriser une levée régulière et rapide.

Pulvérisation de D8 pour réguler les adventices : on peut pulvériser les cendres pures ou faire une dilution homéopathiques en D8 (voir recettes ci-après tirée de Pratiquer la bio-dynamie au jardin de Maria Thun : consulter le document)

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