Démarrer en agriculture biodynamique

Démarrer

L’agriculture biodynamique est accessible à tous les producteurs. 600 producteurs sont adhérents professionnels du MABD, organisme de développement de la biodynamie, qui les accompagne dans la compréhension et la mise en pratique de la biodynamie.
Comme il est expliqué dans la partie Biodynamie, les bases philosophiques et techniques sont issues d’un cycle de huit conférences connues sous le nom de Cours aux Agriculteurs, données en 1924 par Rudolf Steiner.

Quelles sont les techniques utilisées en biodynamie ?

Pour pratiquer la biodynamie, on dit souvent qu’il faut en premier lieu un bon sens paysan et l’application des principes de l’agriculture biologique, et c’est bien le cas.
Ensuite il y a des techniques bien spécifiques : l’application des préparations biodynamiques avec la bouse de corne (500) à destination du sol, la silice de corne (501) à destination des plantes, le compost avec les préparations qui lui sont spécifiques, le respect des cycles naturels, et la notion du domaine agricole comme une entité invitant à une conscience accrue du paysage, de la diversité animale et végétale, etc.

Comment démarrer l’agriculture biodynamique ?

Un bon moyen pour appréhender la biodynamie est de commencer par suivre une ou des formations, qui permettent d’acquérir compréhension globale et applications pratiques des techniques spécifiques.

Ensuite il est nécessaire de faire un diagnostic de son domaine, de sa ferme, pour évaluer les changements qui seront liés à la pratique de la biodynamie, en terme d’organisation, d’équipement, etc.
Vous pouvez réaliser cet état des lieux seul ou avec un professionnel de la biodynamie par le biais des visites-conseil que nous proposons à nos adhérents .
Si vous ressentez le besoin d’être suivi sur un temps plus long, alors un contrat de conseil spécifique peut être envisagé, contactez-nous.

Pour vous équiper en dynamiseur et en pulvérisateur, nous avons élaboré un document qui pourra vous être utile : S’équiper et utiliser les préparations

Si vous souhaitez auto-construire du matériel, l’Atelier Paysan est un contact indispensable : https://www.latelierpaysan.org/

Pour pratiquer la biodynamie, il vous faudra des préparations biodynamiques. Vous pouvez bien sûr les acheter, mais nous vous invitons à vous lier à un groupe près de chez vous pour les élaborer dans un collectif local : un bon moyen de connaître et d’échanger avec vos collègues biodynamistes et de vous lier à ces préparations qui sont au cœur de la pratique biodynamique.
Pour connaître le groupe le plus proche de chez vous, le plus simple est de contacter l’association locale de biodynamie.

Quelques ouvrages comme le Calendrier des semis du MABD et le Guide pratique de Pierre et Vincent Masson peuvent accompagner votre pratique de la biodynamie dès le début.

Si dès le démarrage de la pratique de la biodynamie, vous souhaitez entamer une démarche de certification, c’est tout à fait possible en contactant directement :

  • Toutes productions : Demeter 03 89 41 43 95
  • Viticulture uniquement : Demeter ou Biodyvin 06 22 51 50 67

Si vous voulez faire un test biodiversité : La ferme biodynamique : un organisme vivant .

L’équipe du MABD est disponible pour vous renseigner par mail ou par téléphone à propos de votre situation individuelle, pour organiser une formation proche de chez vous ou pour vous conseiller.

Dans les sections par production qui suivent, nous mettons à votre disposition quelques documents pour approfondir.

Apiculture

“Ce qui mûrit dans notre cœur quand nous aimons, dans la ruche est devenu substance”

R. Steiner

Les origines d’une pratique apicole respectueuse de la nature de l’abeille

Construction naturelle des rayons de cires par les abeilles dans une ruche-tronc.

Construction naturelle des rayons de cires par les abeilles dans une ruche-tronc.

Comme le montre le Dr Johannes Wirz dans son article de référence : « A la différence de l’agriculture biodynamique, fondée par le cours que donna Rudolf Steiner à Koberwitz en 1924, il n’existe aucune date décisive quant à l’apparition d’une pratique apicole respectueuse de la nature de l’abeille. Cela est d’autant plus étonnant que Steiner, dès 1923, en a posé les fondements, tant au niveau du contenu qu’au niveau spirituel, lorsqu’il donna ses conférences sur les abeilles devant les ouvriers du Goetheanum (Publiées en français aux Editions Triades sous le titre « Abeilles, fourmis et guêpes » Steiner, 1923). Ces conférences sont riches en pensées et réflexions sur la nature de l’abeille, sur la pratique scientifique en général et sur la culture apicole.

Ce n’est que dans les années 80 du siècle dernier que des apiculteurs proches du Centre de Recherche et d’Enseignement Apicole du Fischermühle (Allemagne) se mirent à tester de nouvelles pratiques en se basant sur les propos de Steiner. Après dix ans et de nombreuses expériences, la « traduction » des points de vue de Steiner était finalisée et posée comme fondement d’une pratique « respectueuse de la nature de l’abeille » : reproduction des colonies par l’instinct d’essaimage, élaboration des rayons par construction naturelle et abandon de tout élevage artificiel de reines.

En 1995, avec l’élaboration du cahier des charges apicole Demeter en Allemagne, l’apiculture biodynamique était née !

 

Comprendre les abeilles, et pratiquer une apiculture respectueuse de leur nature

Johannes Wirz, apiculteur et chercheur à la Section des Sciences de la Nature au Goetheanum, montre dans cet article bien documenté que la santé des colonies d’abeilles dépend largement de la conduite apicole elle-même. Il propose d’abord une définition d’une pratique apicole respectueuse de la nature de l’abeille, telle que l’ont développée les pionniers de l’apiculture biodynamique en s’appuyant sur les propos de Rudolf Steiner. Il présente ensuite toute une série d’études qui démontrent scientifiquement les trois caractéristiques essentielles de la vie des colonies d’abeilles : la reproduction par l’instinct d’essaimage, l’élaboration des rayons par construction naturelle (sans support) et la fécondation sur place de la reine (sans élevage artificiel de reines).
Il est clair que le respect de ces trois facteurs fondamentaux crée de réelles possibilités d’amélioration durable de la santé et du bien-être des abeilles. Il est donc conseillé de les intégrer comme des normes dans tous les modes de conduite apicole, et ce non seulement par souci éthique de respect de l’animal.

Les grandes lignes de l’apiculture en biodynamie :

  • Travailler avec les abeilles en respectant leur nature
  • La recherche de l’équilibre entre le végétal, l’animal et la présence de l’homme en favorisant la diversité des cultures et des paysages
  • Multiplication des colonies par instinct d’essaimage, construction naturelle des rayons et utilisation de reines issues de cellules royales naturelles (pas d’élevage)
  • Utilisation de préparations biodynamiques et de tisanes spécifiques au rucher
  • Prise en compte des lois de la nature et des influences de la périphérie cosmique (lune, soleil, planètes, etc.).

Le groupe Biodynapis

Les apiculteurs intéressés par le développement des pratiques apicoles en biodynamie et le partage d’expériences se retrouvent au sein de ce projet. Le groupe Biodynapis organise chaque année des formations, séminaires apicoles et visites de ruchers.

Des pratiques encadrées par un cahier des charge international

Extrait du cahier des charges Demeter (p.29 ssq) :

 

Les abeilles ont accompagné le développement de l’espèce humaine depuis la nuit des temps. Leur organisation en société, leur relation à la lumière et leur alimentation à base de fleurs suscitent depuis toujours respect et admiration. Pourtant, les abeilles n’ont jamais été aussi dépendantes des actions de l’homme qu’aujourd’hui. L’un des principaux objectifs de l’apiculture Demeter est de restaurer les forces vitales de la ruche.
Étant donné leur important rayon de butinage, les abeilles ne peuvent pas s’approvisionner uniquement ou même majoritairement sur des zones de culture biodynamique. Ainsi, le propre de l’apiculture Demeter n’est pas la relation directe entre les abeilles et leur zone d‘approvisionnement, comme c’est le cas pour les autres types d’élevage. Il s’agit plutôt de la façon dont est mené l’élevage, et de sa capacité à permettre aux abeilles de retrouver leur véritable nature.
L’apiculture biodynamique recherche à satisfaire les besoins naturels du rucher. La gestion du rucher permet aux abeilles de suivre leur instinct naturel et de construire les rayons de manière naturelle. L’essaimage est la base de la reproduction, de la croissance et du renouvellement des colonies. Le miel produit par les abeilles constitue une part importante de leurs réserves pour assurer l’hivernage.
Les abeilles ont un rôle essentiel dans l’écosystème par la pollinisation et la stimulation des plantes et de la nature – via le venin d’abeilles. L’implantation de ruchers près des zones de culture présente de nombreux avantages. Les effets bénéfiques se remarquent particulièrement bien en arboriculture, avec une augmentation des récoltes et de la qualité des fruits. L’apiculture est donc d’une très grande importance pour l’organisme agricole. L’élevage d’abeilles est ainsi conseillé sur tout domaine biodynamique.

Pour aller plus loin
  • "L'approche biodynamique de l'apiculture" (A paraître)

Arboriculture / Viticulture

Arboriculture

Viticulture

La pratique de la biodynamie se développe de manière importante en viticulture, avec des résultats très intéressants, tant sur la santé de la vigne que sur la qualité des vins.

Fiches techniques

A partir d’entretiens avec des vignerons en biodynamie expérimentés, nous avons élaborés 6 fiches techniques sur l’approche biodynamique de la vigne que nous vous invitons à consulter ici :

Congrès viticoles

Chaque année depuis 2011 nous proposons un congrès annuel pour les vignerons, afin d’approfondir les connaissances vivantes liées à la vigne. Des conférences sont disponibles en ligne :

Les actes des congrès sur l’approche biodynamique de la vigne

Comment favoriser la vitalité de la vigne ?

Nous avons défini la vitalité comme représentante d’abondance et de santé. Le constat général nous amène face à une perte d’immunité des plantes. Comment agir pour amener des gestes d’ouverture et de dynamisme ?

Nous partons du postulat que la base de travail est un domaine viticole mené en biodynamie, et que l’utilisation des préparations biodynamiques dans leur ensemble doit accompagner le développement et le maintient de la vitalité.

Nous sommes en capacité d’intervenir sur plusieurs axes importants et complémentaires, et chaque producteur en fonction de ses affinités peut agir à son niveau pour favoriser la vitalité de la vigne :

  1. Agir sur le plant de vigne lui-même
  • Travailler avec des pépiniéristes de qualité. Quelques-uns font un travail admirable de qualité et de soins.
  • Planter des porte-greffes seuls, diversifiés et de façon aléatoire. On se questionne trop rarement sur la diversité et la qualité des porte-greffes.
  • Pour la plantation, à minima, tremper les racines dans de la 500.
  • Greffer sur des porte-greffes en place des bourgeons issus de sélection massale qualitative OU
  • Greffer sur des porte-greffes en place des greffons issus de sélection massale qualitative
  • Un travail est en cours sur la régénération par les semis de bourgeons (cf. travail de Pierre Masson), mais il est encore trop tôt pour conseiller certaines pratiques.
  • Avoir des techniques de taille adaptées et respectueuses des flux de sèves
  • Appliquer la 501, pour la mise en réserve, pour la santé de la plante, pour la qualité aromatique des fruits, en polarité avec la 500.
  1. Agir sur l’environnement
  • Il est primordial que la plante vigne soit rendue sensible à son environnement, c’est à dire qu’elle soit en capacité de se lier à ce qui l’entoure.
  • Favoriser la diversité végétale, et recréer du paysage, par divers moyens : semis d’engrais vert florifères, agroforesterie, implantation de haies fruitières bocagère ou buissonnante
  • Favoriser la diversité animale, qu’elle soit sauvage ou domestique : les insectes et abeilles seront attirés par des inter-rangs mellifères, les oiseaux par la présence de haies et de nichoirs ; des moutons peuvent pâturer les vignes l’hiver, des ruches trouvent leurs place dans des vignobles diversifiés, les chevaux, les hommes participent à l’ambiance du lieu
  • Il y a donc la prise en compte de la diversité des végétaux, des animaux, et il peut également être bon de se lier à la diversité des micro-organismes du sol, mais également aux levures, aux champignons, aux bactéries etc.
  1. Agir sur le sol
  • Enherber les inter-rangs de façon maîtrisée
  • Travailler le sol en s’adaptant bien aux conditions, des interventions minimes étant parfois suffisantes
  • Travailler avec des engrais vert et s’intéresser à la méthode utilisant des “accélérateurs” de vitalité lors de la fauche et du mélange avec la litière superficielle du sol
  • Amener du compost préparé de qualité en quantité modérée en fonction des besoins de chaque parcelle
  • Appliquer la 500 ou la 500P ou la 500 et le CBMT
  1. Agir avec les “thérapies”

Il y a ce que l’on fait chaque année ou à chaque fois qu’il est nécessaire de le faire, et puis il y a ce que l’on fait ponctuellement pour palier à des déséquilibres.

Pour les sols :

  • les thés de compost
  • la terra Preta

Pour les plantes :

  • Les tisanes à base de plante sèche
  • Les tisanes à base de teintures-mère
  • L’apport de cuivre en micro doses dynamisées (essais en cours)
  • L’homéopathie, l’isothérapie, les poivres (par exemple, programme de recherche Homeo-Iso-Viti-Bio menée par la CAB Pays de la Loire (FNAB))

 

Essai au domaine Leroy en Bourgogne

Depuis presque 30 ans Mme Lalou Bize-Leroy soigne les vignes de remarquables grands terroirs de Bourgogne selon les principes de l’agriculture biodynamique. Tant dans ses travaux dans les vignes que dans les caves, elle est à l’écoute des rythmes cosmiques et terrestres, de l’essence de chaque terroir et de la légende unique qu’apportent au monde ses vignes. Les nombreuses tisanes et décoctions sont ses amis fidèles qui, avec la bouse de corne, la silice de corne et le compost de bouse de Maria Thun apportent à la vigne les forces nécessaires pour s’élever, pour vivre pleinement son être. C’est ensuite cet être que nous pouvons toucher lors de la rencontre avec le vin.

Mme Lalou Bize-Leroy est en perpétuelle recherche du bien-être pour ses vignes.

DSC_0969Le Mouvement de l’Agriculture Biodynamique a accompagné le Domaine Bize-Leroy dans le cadre d’un essai qui a été mis en place en 2017 dans la commune de Nuits Saint-Georges afin d’étudier l’influence des préparations à base de plantes sur le mildiou de la vigne. Le dispositif expérimental comporte trois modalités et trois répétitions de chaque modalité afin de prendre en compte la variabilité interne liée à la parcelle. Il est important de souligner que les modalités étudiées sont déterminées par la vigneronne au cours de la saison, il s’agit ainsi d’un essai paysan.

20170720_180926Le MABD a mis en place à cette occasion une méthodologie pour les suivis de l’essai, qui se base sur l’approche goethéenne de l’étude du vivant, avec des mesures sur différents plans : des comptages bien sûr, mais également des observations fines, et des cristallisations sensibles.

Il est évidemment trop tôt pour parler de résultats, ce travail devant se dérouler sur plusieurs années, mais nous partageons d’ores et déjà avec vous notre enthousiasme pour cette démarche de recherche et nos premiers résultats.

 

Documents complémentaires :

Préparations à base de plantes en viticulture biologique  + d’infos sur le site d’Agrobio Périgord : http://www.agrobioperigord.fr/produire-bio/viticulture?codeRubriqueDocuments=36#documents

Vignes en biodynamie: le jus de raisin est-il différent ? – Jürgen Fritz et Miriam Athmann

Élevage : des pratiques spécifiques en biodynamie

L'élevage respectueux de l'animal est au cœur de l'agriculture biodynamique.

L’élevage respectueux de l’animal est au cœur de l’agriculture biodynamique.

La question de la place de l’animal dans notre agriculture et notre société est aujourd’hui à vif.

De nombreux courants s’érigent en défenseurs de la cause animale (vegans, antispecistes) et prônent purement et simplement une abolition de l’élevage.

Le Mouvement de l’Agriculture Biodynamique est porteur d’une vision plus nuancée, favorisant un élevage respectueux de la nature des animaux, dans des fermes à taille humaine, où la relation homme-animal est au centre des pratiques.

L’élevage en biodynamie s’attache à favoriser le bien-être animal par des pratiques qui respectent leur nature.

L’élevage en biodynamie s’attache à favoriser le bien-être animal par des pratiques qui respectent leur nature.

La domestication de certains animaux et leur coévolution avec les sociétés humaines est une histoire millénaire. Encore une fois, il ne s’agit pas de considérer l’animal comme une machine à produire mais comme un être vivant et sensible qui évolue aux côtés des hommes, dans une relation de réciprocité. Aussi, l’élevage en biodynamie s’attache-t-il à favoriser le bien-être animal par des pratiques qui respectent leur nature. Dans la pratique, cela passe notamment par :

  • Le renoncement à toute productivité disproportionnée et la recherche d’un équilibre en fonction du terroir et de la nature des différentes espèces animales. En effet, une trop grande productivité amène souvent à une rupture dans l’équilibre du domaine et peut mettre en péril la santé et l’évolution de l’ensemble.
  • Le respect de l’intégrité physique des animaux. Il est indispensable que les bovins gardent leurs cornes, les porcs et les moutons leurs queues, les volailles leurs becs. Les cornes sont considérées comme des organes participant pleinement à la physiologie des ruminants et elles ont sans doute une importance particulière dans les phénomènes de la digestion, et par là même dans la qualité intrinsèque des productions de lait et de viande.
  • Une alimentation à l’image de la plante entière. Feuilles, racines, fourrages fleuris et graines sont indispensables à la santé et à la fécondité du troupeau. La prairie et les fourrages grossiers sont la base d’une alimentation conforme à la nature des ruminants. La production des aliments sur le domaine devrait être la règle avec un lien au sol (territoire) le plus fort possible.
  • La recherche d’une santé à l’étable par la stimulation des défenses naturelles et la prévention. Depuis longtemps, la recherche des éleveurs en biodynamie s’est orientée vers la prévention, par la recherche d’animaux rustiques adaptés au terroir.

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